‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 192 sur 491 · H. Carnoy, in Romania, t. V1I1, p · texte numérisé non relu

H. Carnoy, in Romania, t. V1I1, p

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successivement prendre la forme humaine ou celle de cygnes ; mais cette faculté était subordonnée à la possession de chaînes d'or. Lorsqu'elles leur ont été enlevées ils sont forcés de rester oiseaux, mais :

En cigne fut lor suerz muée ;

Ciguë et fauame estre pooit

Por ce ke la chaaigne avoit1.

Voici comment on racontait à la fin du XVIIe siècle une légende de métamorphose volontaire de fées en oies sauvages, qui était localisée à l'ancien château de Pirou sur la côte de Basse-Normandie, que les bonnes gens du pays croyaient avoir été bâti par les Fées : Ils disent que ces Fées qui étoient filles d'un grand Seigneur du Pais célèbre magicien, se métamorphosèrent en Oyes sauvages quand les Normands descendirent à Pirou, et que ce sont ces Oyes-là mêmes qui reviennent tous les ans faire leurs nids dans cet admirable château. Au pied des murailles, on compte dix-huit ou vingt niches de pierre où l'on a soin tous les ans de mettre des nids faits de paille ou de foin pour les oyes sauvages qui ne manquent pas, le premier jour de Mars, de venir la nuit faire plusieurs rondes autour du château pour voir si leurs nids

sont prêts Les spéculatifs du pays prétendent que c'est bon signe

quand il vient à Pirou un grand nombre d'oyes sauvages. Le seigneur de ce château qui a grand soin que leurs nids soient bien molets et que la nourriture ne leur manque point, nous a mandé qu'il eu a paru cette année une infinité, et qu'il en est sorti plus de cent petits de dessous les ailes des mères, d'où l'on conjecture que l'année sera bonne ou que nous aurons la paix. Ces oiseaux présageaient la destinée de ceux de la famille qui naissaient dans ce château : J'ai connu, dit Marville, un vieux Gentilhomme Bas-Normand qui disoit qu'estant enfant, il avoit apris à lire dans une très ancienne chronique, qui raportoit que quand il naissoit un enfant dans l'illustre maison de Pirou, les mâles de ces oyes paraissoient revêtus de plumes grises, et prenoient le dessus du pavé dans les cours du Château ; mais que quand ç'étoit une fille, les femelles en plumes plus blanches que neige, prenoient la droite sur les mâles. Et que si cette fille devoit être Religieuse, on remarquoit une de ces oyes entre les autres, qui n'aïant point de mâle ne nichoit point, mais demeuroit solitaire dans un coin, mangeant peu, et soupirant dans son cœur je ne sai pourquoi 2.

En Haute-Bretagne une autre métamorphose volontaire était assez célèbre pour devenir le surnom d'une ville : une jeune fille, pour échapper au déshonneur avait supplié saint Nicolas de la changer en cane ; dans une autre légende du littoral, c'était sainte Brigitte qu'avait invoquée une jeune fille poursuivie par un seigneur; toutes les deux

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