‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 220 sur 491 · LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE

La chair de certaines parties des oiseaux domestiques a passé, pour des raisons qu'il n'est pas toujours aisé d'expliquer, pour exercer de l'influence sur ceux qui s'en nourrissent. Un préjugé du XVe siècle interdisait de laisser manger de la crête de coq aux jeunes filles à marier'. Actuellement c'est la tête qui est réputée dangereuse: dans l'Albret, celui qui avant d'être majeur mange celle d'une volaille, sera épileptique ; dans la Gironde, on risque de devenir fou en mangeant celle d'un pigeon. Il semble que vers la fin du XVP siècle, on attribuait à la chair de ce volatile le pouvoir de modifier la voix ; le médecin Joubert demande s'il est vray, que pour avoir mangé des pigeons on parle gros. En Poitou, manger des pattes de volailles fait dormir. En Haute-Bretagne, en mangeant quelque chose que les poules ont becqueté, on est exposé à attraper un cancer4.

Au XVIe siècle, on cherchait dans le gésier du chapon une pierre aussi grosse qu'une fève qui rendait les hommes hardis et vertueux au combat du lit, et les rendait favorables et gracieux envers les femmes '.

Le coq intervenait dans des opérations de sorcellerie médicale ; l'une

1. f. D.ileau. Trad. de la Gironde, p. 56; C. Fraysse, in Hev. d-is Trad. pop., t. XVII, p. 499; Léo Des^ivre. Croyances, etc., p. 25.

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