Paul Sébillot. Légendes chrétiennes, Vannes, 1892, p
6. F. -M. Luzel. Légendes Chrétiennes, t. II, p. 29 ; Paul Sébillot. Le Folk-Lore de France, t. II, p. 205. . .
1. Paul Sébillot. Contes, t. 1, p. 337 ; Léon Pineau. Contes, p. 75.
1Ê fcOQ flOTl Qtfl CH.4NÎÊ 251
vrjici en substance : Un jeune ouvrier lillois qui rentrait dhabitude tard le soir, voit, au moment d'arriver chez lui par une nuit gombre, une douzaine de petits poulets qui, par leurs cris, semblaient le prier de les prendre ; il les met dans sa blouse, mais quand il l'ouvre pour les montrer à sa mère, il s'en échappe douze têtes de mort qui vont se placer sUr les meublés ; par le conseil du curé, il va les reporter; entre minuit et une heure, à l'endroit où il à vu les poussins, et les tètes de mort se transforment en oiseaux qui s'envolent ; dans la version lié^ geoisé, un ivrogfte emporte les poussins qui, au logis, déviennent, des ossements et non plus des têtes dé mort ; par le conseil dii curé, il va les remettre dans le cimetière, mais il reçoit une formidable raclée de mains invisibles1.
Les Juifs d'Alsace racontaient que pendant les jours terribles un bedeau fut assailli par une troupe d'oies blanches* pécheurs ainsi métamorphosés et en peine, qui tournaient autour de lui en poussant des cris lamentables ; ils l'accompagnèrent jusqu'à la Synagogue et là disparurent subitement sons terre pour reparaître au môme endroit les jours suivants2.
D'après les démottologistes, le diable assistait parfois au sabbat Sous l'apparence d'utie poule3.
Plusieurs récits d'Alsace parlent de Soreièrës qui empruntent la forme de volatiles domestiques : un homme du guet ayant reiicohtrê un énorme canard qui battait des ailes le jeta dans le soupirail de sa cave qui était ouverte. Le lendemain il y vit sa femme qui boitait et qui l'accabla d'injures et d'insultes 4.
bn troilvë dans la traditiOh contemporaine des parallèles d'ùrie légende célèbre au moyen âge, qui figure aussi dans les complaintes du Pèlerinage de Saint-Jacques et dans les images populaires : un pèlerin innocent ayant été pendu né mourut pas grâce à la protection de l'apôtrfe; ses parents étant ^enus raconter ce miracle adjugé, celui-ci s ecrid: « Si cela est vrai, je veux que le coq tjui tourhe embroché sàtite sur la table et chanté ! » ce que fait aussitôt le coq par permission divine 5. Dans un gwérz breton, un personnage dit qu'il n'ajoutera pas foi à ce qu'on lui dit, à moins tjue ne chante le chapon rôti qiil est sur la table ; à peine avait-il dit ces mots que le chapon chanta sur le plat d'titie voix claire. Une des oies de saint Sen£ ayant été volée, le saiht
1. Desrôusseaux. Mœurs de la Flandre française, t. Il, p. 321-322; Joseph Vrindts, in Wallonia, t. II, p. 161.