‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 254 sur 491 · SORCELLERIE ET TALISMANS · texte numérisé non relu

SORCELLERIE ET TALISMANS

Les reptiles, et en particulier les batraciens, ont joué dans la sorcellerie un rôle considérable, dont il reste encore des traces dans le folk-lore contemporain. A l'époque où l'on fit tant de procès à ceux que l'on prétendait avoir des accointances avec le diable, les juges qui écrivaient pour guider leurs collègues, leur signalaient parmi les présomptions de culpabilité la possession de certains reptiles : Bodin conseille de ne pas hésiter à poursuivre si on trouve celle qui est accusée d'estre sorcière saisie de crapaux ou de lézards ... Il est tout vulgaire que les sorcières sont ordinairement trouvées saisies de crapaux qu'elles nourrissent et accoustrent de livrées et les appellent au pays de Valois les Mirmilots 3. Au XVIIe siècle, on disait en Béarn que chacune avait un crapaud dans une cachette, qui accourait quand elle l'appelait par son nom et qui était un gage que le démon lui avait donné ; un conte de la même région parle d'un grand crapaud qu'une sorcière cachait au chevet de son lit, sous un paquet de hardes*. Naguère encore on croyait dans l'Armagnac noir que les crapauds assistaient au sabbat où ils étaient amenés parleurs possesseurs ; de petits bergers suivaient une personne soupçonnée de s'y rendre, en criant : « Au sabbat ! oh ! le joli porteur de crapauds ! '6 Dans l'Albret, pays voisin, on dit que celui qui va au sabbat trois fois a un petit

1. B. Souche. Croyances, p. 28 ;A. de Nore. Coutumes, p. 272 ; F. Daleau. Trad, de la Gironde, p. 37 ; C. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 105.

Page 1