Dr Bidauld. Sup. méd. du Morvan, p
6. J. B. Thiers. Traité des Sun., t.l, p. 390; Le Télégramme de Toulouse, 10-11 fév. 1896.
7. E. Monseur. Le F.-L. wallon, p. 28 ; Alfred Harou. in Bev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 47 ; Régis de la Colombière. Les cris de Marseille, p. 268.
Les parties solides ou liquides des animaux à sang froid entrent, soit seules, soit mélangées àdiversingrédients, dans lapharmacie populaire; elles étaient d'un usage courant au moyen âge :
Et si ai-ge oï conter C'on trait triade de serpent Qui molt a grand mestier sovent A cels qui sont envenimé '.
Dans le Menlonnais, la graisse de serpent est employée contre les rhumatismes: dans les Vosges on se débarrasse des verrues en les frottant avec du sang de lézard -.
Certains sorciers du Morvan appliquent sur la figure d'un malade atteint d'érysipèle un crapaud bouilli; d'autres font frire un lézard qui, réduit en poudre, est ensuite absorbé par les épileptiques. Dans les Vosges, pour se guérir de la hernie, on introduit un lézard vert vivant dans une chopine d'huile d'olive ; au bout de trois jours, on remue fortement la bouteille, on frictionne le mal avec quelques gouttes, et l'on imbibe des compresses que l'on place sur le ventre 3.
On disait au XVIe siècle : la chair des Tortues de bois est medicinable, car elle recouvre la vertu qui est perdue par maladie, et pour ce elle est bonne à ceux qui sont phthisiques et éthiques. A la même époque on prescrivait aux syphilitiques de la chair de vipère. En Savoie on emploie parfois comme tisane un bouillon de la carcasse de ce reptile ; dans les Alpes Maritimes une infusion de sa peau est efficace contre le somnambulisme. Dans la Gironde ceux qui souffrent des dents frottent la partie douloureuse avec un os de crapaud tué au mois d'avril 4.
Plus que toute autre partie de leur corps, la peau dont les reptiles se dépouillent périodiquement est regardée comme douée de vertus médicinales. En Lorraine, lorsqu'on a mal à la gorge, il suffit de prendre au clou où elle est accrochée une peau de couleuvre et de s'en servir en guise de cravate pendant quatre ou cinq jours. Suivant une croyance wallonne, elle guérit les clous si on la place sur la partie du corps opposée à celle où le mal se trouve ; en Haute-Bretagne, elle esi efficace pour les blessures; aux environs de Lorient, on l'emploie pour faire soi tir les épines entrées dans la chair. Dans le Bas-Languedoc, une peau de serpent fait disparaître le lait des femmes; dans la
1. La Bible Guiol de Provins, cité par Francisque Michel, Roman de la Rose, t. i, p. 191, note.
2. J.-B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 262; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes- Vosges, p. 246.
3. D' Paul Bidault. Sup. médicales du Morvan, p. 21-28 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 2T.1.
4. Aneau. La Description philosophale des oiseaux, p. 88; Noël du Fail. Contes (TEutrapel, XXVIII : A. Chabert. Les plantes sauvages en Savoie, p. 45; J.-B. Audrews, in Rev. des Trad, pop., t. IX, p. 263 ; F. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 34.
Lozère, on guérit les accouchées de la fièvre en leur faisant boire un bouillon fait avec une peau de couleuvre desséchée1.
En Poitou, pour certaines maladies des yeux, on place un serpent sur des charbons ardents, et Ton reçoit la fumée qui s'en dégage en tenant la tête au-dessus du foyer; un remède assez semblable est indiqué dans un livre du XVIIe siècle : il fallait faire brûler de la dépouille de serpent et en recevoir la fumée dans les yeux -.
Celui qui, au printemps, trouve pour la première fois sans le chercher, du frai de grenouille et s'en frotte les mains en ayant soin de ne pas les laver de la journée, acquiert le pouvoir de guérir les animaux des tranchées et les'gens du carreau3.