‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 320 sur 491 · ROLE DANS LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

ROLE DANS LA MÉDECINE

Petite bête sans figure, Otez-moi cette piqûre, Au nom du père et du fils '.

Le rôle des poissons d'eau de mer dans la médecine populaire est moins considérable que celui des poissons d'eau douce : au XIVe siècle le hareng figurait dans la composition d'un remède : pour rancle qui tient dedans le cors prenez 11 testes de harens sors et y pou de sauge, si triblez tout ensemble et destrempez de vin, et puis le colez et li donnez à boire. En Picardie, pour guérir une inflammation intestinale appelée carreau on laisse pourrir un poisson de mer sur le ventre de l'enfant , aujBourg d'Ault c'est une raie : à mesure qu'elle putréfie, le mal pourrit aussi et disparait2. Au XVU* siècle, pour la fièvre quarte, on appliquait sur l'épine du dos un hareng blanc fendu par le milieu, la tête en bas, la queue en haut ; dans la vallée d'Yères (Loire-Inférieure), en raison de la ressemblance du nom du poisson avec celui de la maladie, c'est un carrelet ; dès qu'il est mort, l'enfant doit être délivré de son mal. Dans la Somme on guérit les entorses et les foulures du poignet en entourant celui-ci ou la cheville d'un hareng coupé en deux, que l'on doit laisser, sans y toucher, jusqu'à guérison. Au XVIIB siècle ce poisson était autrement employé : Prenez un Haranc salé et nouveau, tout cru, contusez-le dans un mortier jusqu'à ce qu'il vienne comme de la pâte que vous appliquerez en forme de cataplasme sur la morsure pendant trois jours 3.

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