Jean Aicard. Miette et Noré, p
3. Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 324; Félix Lhapi?eau. I.e /•'.-/.. de In Beauce. t. 1, p. 289 ; V. L°spy. Proverbes du lïéarn, p. 163.
4. Alfred Harou. Le Folklore de Godarvilh, p. 24 ; X. Thiriit. in Mélusine, t. I. col. 478.
Ils ton! allusion à la croyance suivant laquelle la foudre ne tombe jamais sur cet arbre depuis que la Vierge s'est endormie auprès ; dans l'AIbret, on dit qu'elle se reposa sous son ombre, et qu'elle Faisait sécher sur les branchesles langea de l'enfant Jésus. En Wallonie on est garanti de la foudre si l'on se réfugie sous un tremble ; ce don lui vient du séjour de la Vierge sous ses branches, et c'est aussi pour cela qu'il tressaille sans cesse'. Aux environs de Dinan quelques personnes disent que l'aubépine protège, parce qu'elle a ses racines en enfer, et que le diable, qui produit le tonnerre, ne veut pas qu'il tombe surun de ses arbres; en plusieurs autres parties de la Haute- Bretagne, sa protection est efficace seulement lorsqu'elle est fleurie2.
Des branches, des Meurs ou des fruits constituent un véritable
paratonnerre pour les maisons où elles sont placées ou pour celui qui
les porte. En Berry on pose dans les combles de l'habitation, en vertu
de cette croyance, le premier rameau d'aubépine tleurie que l'on
rencontre ; en ïouraine, la branche qui protège la maison, doit avoir
été cueillie à jeun le 1er Mai ; dans les Ardennes, quand gronde l'orage,
il faut tenir à la main une branche d'aubépine et dire :
Aubépine, mon bien.
Je te cueille et je te prends.
Si je meurs en chemin Seis moi de sacremeut.
Dans la Meuse, on récite une formulettc qui a le même sens. En Basse-Normandie, celui qui porte à son chapeau une branche de cet arbre est à l'abri du tonnerre. En Haute-Bretagne, lorsqu'il se trouve ;i proximité d'un village une épine près d'une croix, les gens vontenchercher un rameau qu'il posent dans leur maison ; on croyait au XVIIe siècle, s'en garantir en mettant une branche d'aubépine sur s;i tête et en prononçant certaines paroles. Aux environs de Rouen, le gui de chêne préserve de la foudre 3.
L'efficacité de ces talismans dépend aussi de circonstances accessoires, dont quelques-unes se lient à des idées religieuses. Dans le Maine, les boutons de rose déposés surl'autel au salut du Saint-Sacrement pendant l'Octave de la Fête-Dieu, et que le prêtre a fait toucher à l'ostensoir,
1. Lucie de V.-Il, in llev. des trad. pop. t. XVIf, p. 61 ; Laisnet de la Salle. Croyances du Centre, t. 1, p. 59 :J. Lecœur. Esquissés du Bocage normand, t. I, [>. 305 : J.-F. Bladé. Poésies populaires de la Gascogne, t. I, p. 41 ; Ablié L. Dardy. Anthologie de VAlbrel, t. '.. p. 211 ; Albin Uody, in W allô ni a, t. VIII, p.
2. Lucie de V.-H, in liev. des Trad. pop., t. XVII, p. 61 ; Paul Sébillot. Noies, p. 18.
3. Laisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. 1, p. 59 ; Léon Pineau, in lin . des Jrad. pop. t. XIX, p. 432 ; À. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 180 : H. Labourasse. Anciens vs etc. de la Meuse, p. 177; J. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. I, p. 305 ; Paul Sébillot. Traditions, t. Il, p. 314 : J.-B. Thiers. Traité dès Sup. t. I, p. 419 ; E. Spalikowski. Paysages normands, p. 46.