E. Spalikowski. Paysages normands, p
3. J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p. 377, 374 : Dr Louradour-Ponteil, in Rev. des Irad. pop., t. XIII, p. 267 ; Jehan de la Chesnaye, ibid., t. XV111, p. 464; G. Dottin. Les parlers du lias-Maine, p. 263, 262 ; A. Guitton, in France médicale, déc. 1904, p. 450.
4. J. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. II, p. 107 ; G. Dottin. Les Parlers du Bas* Maine, p. 564 ; A. Guitton, in France médicale, déc. 1904. p. 450.
LE PASSAGE A TRAVERS l'aRRRE 417
d'une longueur égale à sa taille. Dans le Bas-Maine, on accroche audessus de la tête de ranimai dartreux une pousse d'églantier de l'année ou une feuille d'alisier .
Dans le Morvan, l'épine blanche, qui est si souvent associée aux pratiques de guérison, opère sans ligature, sans incision, et même, semble-t-il, sans attouchement : Au printemps, la mère dont l'enfant a la fièvre le porte devant la touffe la plus belle et la plus fleurie d'un buisson d'aubépine ; là elle s'agenouille, dépose devant elle l'enfant et fait une prière ; elle se relève ensuite, embrasse le petit malade, et revient à la maison. L'aubépine doit cette vertu guérissante à ce que ses branches ont servi à tresser la couronne d'épines l.
Le passage à travers un arbre fendu ou troué a été souvent employé pour la guérison des malades en bas âge et plus souvent des adultes. Au XIIIe siècle, les femmes dont les enfants étaient infirmes les portaient dans un certain endroit près de Villars en Dombes, où ils trouvaient une vieille qui leur indiquait la manière de procéder et d'invoquer les esprits, et les conduisait au lieu propice. Les langes du petit malade étaient suspendus aux buissons voisins, et une épingle était piquée dans un arbre ; ensuite la mère passait par le trou de l'arbre son enfant tout nu, qui était reçu de l'autre côté parla vieille ; en même temps elles adjuraient les esprits de la forêt voisine de reprendre le poupon maladif qu'elles avaient déposé dans le berceau, et de leur rapporter, gros, gras et bien portant, celui qu'ils leur avaient dérobé. Cette cérémonie était répétée neuf fois, puis les matrones exposaient au pied de l'arbre l'enfant tout nu sur la paillasse du berceau, allumaient deux cierges longs d'un pouce, les plaçaient sur le tronc, puis elles s'éloignaient en attendant qu'ils fussent consumés, et s'écartaient assez pour ne pas voir l'enfant ni entendre ses vagissements2. Un écrivain de la Renaissance constate en Poitou la coutume du passage à travers l'arbre : Les chasseurs usent d'un approuvé remède, c'est qu'ils fendent parle milieu un arbrisseau de chesne et font passer tout au travers d'iceluy tant les chiens que les chasseurs : ce qu'estant faiet, il leur est advis qu'ils ont rompu toute sorte de charme3. Au XVIIe siècle, on fendait un chêne et on faisait passer trois fois un enfant par dedans afin de le guérir de la hergne (hernie) ; le père et la mère devaient être chacun à un côté de l'arbre4. Vers 1810, à Atligny dans les Ardennes, un enfant atteint d'une hernie fut passé, au coup de midi sonnant, à travers un baliveau fendu sur pied. Voici comment on procède en Provence: après avoir choisi un jeune arbre d'apparence vigoureuse, on