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LE CULTE PES ARBRES

Des trois grands cultes naturalistes qui existaient en Gaule avant le christianisme, celui des arbres était peut-être le plus populaire dans ce pays où les forêts étaient si nombreuses et si respectées, Elles étaient même adorées : la forêt Noire était la Dea Amoba, l'Ardenne la Dea Arbvinna ; les inscriptions Sgx Arbchibus et Fatis Dervoinjbus « aux génies des chênes » en témoignent encore3. Les indigènes, qui laissaient, sans trop de regrets, démolir les temples consacrés aux divinités de Home ou aux dieux gaulois romanisés, semblent s'être résignés moins facilement aux actes qui s'attaquaient directement u des dévotions plus anciennes et plus nationales. Un épisode de la vie de saint Martin fournit un exemple typique de ces résistances ; il venait de détruire, sans éprouver de difficulté, un temple très antique, lorsqu'il eut l'idée de faire arracher un pin consacré au diable, c'est-àdire ù une divinité locale ; les païens s'y opposèrent, et l'un d'eux lui dit : « Si tu as confiance dans ton Dieu, mets-toi sous cet arbre pendant que poua le couperons. » Le saint accepta et on le lia sous le pin du eôté où il penchait ; lorsqu'il fut prêt de tomber, il fit le signe de la croix et l'arbre, se redressant, se renversa de l'autre côté et faillit écraser les gentils4.

Les conciles se sont maintes fois élevés contre les offrandes faites

1. J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. I, p. 382; Léo Desaivre. Croyanoes, etc., p. 13.

3. L.-F. Sauvé, jp fiev, des Trad. pop., t. IV, p. 317 ; E. Rolland. Flore pop., t. Y, p. Ho : Guillaume Bouchet. Srrées, 1. J, § 7 ; J.-B. Thiers. Traité des Sup.} t. 1. p. 274. 419, 380.

3. H. Gaidoz. Esquisse de la religion des Gaulois. Paris, 1879, in-S", p. 12. V. aussi A. Maury. Forêts de la Gaule, p. 156 et suiv., p. 292.

4. Sulpicius Severus. Vita beali Martini, ch. 13; Légende dorée, t. I, p. 347, éd. Brunet.

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