Maison rustique, 1597, I. II, ch
3. B. Souche. Croyances, p. 4. On dit aussi que c'est signe qu'un trésor n'est pas caché dessous (Léo Desaivre. Croyances, etc, p. 31) ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes- Vosges, p. 111.
4. Maison rustique, 1597, 1. Il, c. 29 ; Contes et discours d'Eutrapel, XXXI. Œuvres, t. II. p. 267 ; Henri Quilgars, in Rev, des Trad. pop., t. XV, p. 547.
LES TRANSPLANTATIONS 463
cette plante. Comme les carottes sont longtemps à germer, on dit en Franche-Comté qu'elles vont six mois en enfer avant de sortir de terre. En Haute-Bretagne, si on va regarder son blé dans les champs avant le premier dimanche de mars, il sera exposé à ne pas pousser1. Dans le Gers, c'est entre la Saint-Jean et la Saint-Pierre qu'on place les trois nuits où il fait le plus de progrès ; mais il est dangereux de vouloir s'en assurer. On trouva mort le lendemain un paysan qui s'était blotti dans ses blés la nuit qui suivit la Saint-Jean, pour marquer la hauteur des épis. Suivant la croyance de l'Albret, en sept soirs, les trois derniers jours d'avril et les quatre premiers de mai. le blé et le seigle croissent beaucoup plus qu'ils n'ont fait en sept mois-.
Les transplantations sont l'objet de croyances apparentées a celles qui accompagnent les ensemencements. Dans les Ardennes, pour empêcher la salade de monter, on la pique le jour de la Trinité, avant le lever du soleil. On ne voit pas bien la raison de cette pratique, alors que les deux qui suivent s'expliquent par l'analogisme. Dans la Gironde, on ne plante pas les oignons à la nier montante, car ils monteraient aussi pour fleurir ; si on les repique quand elle descend, leur bulbe sera plus beau. En Poitou, les oignons plantés en jeune lune cornent ; dans la Gironde, les choux piqués alors sont plus exposés à être mangés par les poules, dans le Mentonnais. ils perdent leurs feuilles inférieures. Dans le Finistère, on obtient des navets qui montent bien en graine, en les transplantant la veille de Noël3.
Suivant une superstition très répandue, on s'expose à des disgrâces pour soi ou pour les siens en transplantant le persil : au XVIIe siècle. celui qui le faisait mourait dans l'année. Dans la Gironde, chacun de ces plants porte un malheur; en Wallonie et dans les Ardennes, eu Loir-et-Cher, celui qui le repique fait mourir son parent le plus proche ; en Lorraine il est exposé lui-même à la mort, ou il amène celle du chef de la famille ; dans la Meuse : « Qui plante persil, plante mari », c'esl -à-dire creuse une fosse pour le maître de la maison4.
Une pratique relevée en Ille-et-Vilaine semble supposer que les
1. Paul Sébillot. Trad. t. Il, p. -*i :> 4 ; Roussey. Glossaire de Roumois, p. 166 : Paul Sébillot. Coutumes, p. 182.
2. Auricoste de Lazarque, in llev. des Trad., t. X, p. 531 ; L. Dardv. Anthologie de l'Albret, t. I, p. 227.
3. Nozot. Usages des Ardennes, p. 130; F. Daieau. Trad. de la Gironde, p. -'' | B. Souche. Croyances, p. 12; F. Daieau, 1. c. ; J.-B. Andrews, in liev. des Trad. pop., t. IX, p. 218; E. Rolland. Flore populaire, t. II. p. 53.
4. J.-B. Thiers. Traité des Sup. t. I, p. 270 ; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 141 : F. Daieau. Trad. de la Gironde, p. 32 ; C. de Mensignac, p. 122 ; Alf. llarou. F.-L. de Godarville, p. 26; A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 187 ; François Houssay, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 376; Ch. Sadoul, ibid, t. XVIII, p.' 441; 11. Labourasse. Anciens usetc, île la Meuse, p. 183.
plantes se nourrisse! mme des animaux: des bonnes gens se
• qu'ils font grossir leurs citrouilles en leur inoculant, chaque matin, du lait doux par la tige. A Valenciennes, pour avoir des œillets de différentes couleurs, il faut mettre dans l'entaille faite à la marcotte un brin de soie, de la nuance dont on veut avoir la fleur '.
- buts observances sont en relation avec les herbes parasites : les
Brandon? avaient pour but de détruire l'ivraie et la nielle. Au XVII"
pour faire mourir celle qui infectait un champ, on en prenait
cinq hrins la veille de la Saint-Jean, et on les mettait à sécher dans la
cheminée : a mesure qu'ils séchaient la nielle séchait et mourait. Dans
-, - on débarrasse complètement un champ en le labourant
entre l'Assomption et la Nativité de la Vierge ; dans le pays de Spa.
es pas d'âne arraches la veille de l'Assomption sont détruits à jamais.
Suivant les paysans girondins, les chardons coupés le jour saint
Laurent, d'après ceux du Brabant wallon, entre les deux Notre-Dame,
iss< ni plus : dans la Gironde on croit les extirper en enterrant
un chat vivant dans le champ envahi 2. Dans les Vosges on dit que le
jour saint Abdon 3<J juillet est le seul de l'année où la fougère arrachée
--- pas : dans l'Albret on la fait périr en la coupant tous les
• lis du mois de mai. A Saint-Gondran «Ille-et-Vilaine on explique
par une légende pourquoi un champ n"a point de fougère, alors qu'elle
est abondante dans tous ceux du voisinage ; une belle-mère voulait
; sa belle-fille couper de la fougère, même le dimanche ; elle
hésita, craignant d'offenser Dieu. puis, par obéissance, elle y alla:
mais pour récompenser sa piété Dieu avait fait disparaître toute celle de
cet endroit. A Axbrissel, dans le même département, il n'en pousse plus
dans un champ depuis que saint Robert la conjurée dans des circous-
- - us la Gironde, ne pas sarcler le persil porte
malheur. Dans le pays de Liège si on bêche la planche au persil, on
risque de perdre un de- siens '.
st vraisemblable que pour empêcher la récolte d'être foulée, on a
fait peur aux enfants, peut-être aux adultes,, de personnages mystérieux
- â 1er- punir. A Marbaix. dau? le Brabant wallon, on leur
recommande de ne pas jouer dan- les blés, parce qu"il s'y trouve des
tain Le F.-L. de Ville el-Y daine, t. II. p. 19: E. Rolland. Flore pop. t. 111. p. 23.
1. J.-B. Thiers. Traite des Sup., t. I. p. 2&9, 31q : L.-F. Sauvé. Le Folk-Loredes,
Haute-- ■ --- bin Body, ïu Wallonia. t. VII, p. 87: F. Daleau. Trad.
- - Baron, in liée, des Trad. pop., t. XVll.p. 600 : F. Daleau
Sauvé, L c. p. 199 : Abbé L. Dardy, Anthologie de l'Albret. t. I, p. 255; F. DuiDe. in Het. des Trad . pop., t. XIX, p. 247 ; Paul Sébillot. Petite légende
i Gironde, p. 32; A. Hock. Croyances et remèdes, p. 57-
LA CUEILLETTE Ibo
hommes couehés. En Provence, <>n leur dit qu'on donné la rouille aux fèves en passant parmi elles quand elles sont mouillée
Les paysans se servent de locution- proverbiales qui semblent attribuer aux plantes une ^orte d'animisme. Lou blads aigris volouxi périr nàon cops. Le sarrasin veut, se flétrir neuf fois. Il faut que la fève voit* son maître sortir hors <lu jardin Wallonie. Eloigne-toi de moi. je rapporterai pour toi. dit la fève, région du Nord-. D'anciens traités 'le culture emploient des formules qui rentrent dans cet ordre d'idées : Marjolaine veult plus grasse terre que violettes. Le Serpolet >e réjonit d'estre planté ou semé en terre près des fontaines, ruisseaux ou puits : il demande néanmoins un terroir qui ne soit, ni gras ni fumé. L'argentine souffre plus aisément la négligence du jardinier que la maigreur de la terre*.
Plusieurs observances -ont en rapport avec la date des cueillette? et des récoltes. Le jour Saint Etienne, on ne doit ni cueillir de choux ni en manger, parce que le peuple de Normandie croit que ce jour-là le premier martyr fut lapidé dans un carré de choux. Au XVII* siècle on disait que dans les Quatre-Temps de Septembre, il ne fallait pas ramasser de fruits. Dans le Luxembourg belge on prétend que la choucroute cuira difficilement si le> feuilles qui ont servi à la faire ont été découpées durant la pleine lune '.
Les tleurs cueillies la veille de la Saint-Jean passent en Normandie pour ne se flétrir jamais, et pour être médicinales. L'est le jour de cette fête, avant le lever du soleil, que. suivant la croyance mentonnaise, la camomille doit être récolte
Les moissonneurs avant de donner le premier coup de faucille dans le blé. ou le premier coup de faux dans les prairies, ont sans doute fait quelques actes analogues à celui-ci. qui était usité au XVI" siècle et était pratiqué par le père de famille :
Puis premier qu'entamer la pieee, il va levant
La faucille, priant !<• grand Dieu qui tout donne
Qu'il lui fasse cest heur, que ses crains il moissonne,
Les serre dans sa grange entre toute seur El le puissent nourrir jusqu'au prochaines
!. À. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 600: Artaana ?>•■
2. J.-B. Champeval. Proverbes bas-Limousins, p. 91 : J. Dejardin. Dictionnaire des spots wallons: E. Rolland. Flore pop., p. IV. p. 233. N'ombre de devinettes font aussi parler les plantes.
3. Le Menaqier de Paris, t. II. p. 45 : Maison rustique. 1597, I. II. eh. 52 : Olivier de Serres. Théâtre d'agriculture. 1600, lieu VI, ch
4. L. du Bois. Recherches sur la Normandie, p. 348: J.-B. Thiers. Traité des Sup.. t. L p. 304: A. Harou. in Rev. des Trad. pop., t. XVII. p. 601.