‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 58 sur 491 · L HOMME VAI.NOLEL'H DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

L HOMME VAI.NOLEL'H DES ANIMAUX

réfugié dans un arbre ; le boquillon ayant prononcé les mêmes paroles qu'au moment où il avait lancé la bouillie au loup, la bête a peur et s'enfuit1. Plusieurs animaux qui ont envie de connaître l'homme partent, guidés par le renard, pour aller à sa recherche. Le lion qui rencontre un vieillard sur sa route, demande si c'est là un homme ; le renard répond qu'il l'a été, mais qu'il ne l'est plus ; d'un enfant il dit qu'il est du bois dont on les fait ; ils trouvent enfin un homme véritable, et le lion demande à se battre avec lui : « Volontiers, répond l'homme, mais il faut se faire des menaces à distance ». Le lion se recule, et l'homme lui envoie une balle dans le front ; le lion voyant que les menaces sont aussi dures n'a plus aucune envie de se mesurer avec le passant. En Wallonie, le renard excite la vanité du loup qui déclare qu'il ne fera qu'une bouchée d'un homme: il voit, comme dans le conte français, passer un vieillard, un gamin, et le renard lui fait les mêmes réponses; vient enfin un cuirassier que le renard lui dit être un homme ; le loup l'attaque, mais est tué d'un coup de pistolet ; dans une variante de la même région, le loup reçoit une décharge de fusil, et dans un conte du pays de Saint-Pol des gendarmes lui donnent un coup de sabre (le renard est remplacé comme conseiller par un vieux loup 2).

Le loup et le renard sont les deux principaux acteurs de la comédie animale ; le loup auquel les conteurs attribuent moins d'intelligence que d'appétit, est le plus souvent trompé par le renard qui représente la ruse peu scrupuleuse. Comme le célèbre roman du moyen âge, la série contemporaine comprend plusieurs branches ; un certain nombre d'épisodes sont communs au poème et à la tradition orale ; mais celle-ci est plus variée et plus riche.

Il a été recueilli de nombreuses variantes de l'aventure du renard qui, pour manger à l'aise la nourriture commune, feint d'être obligé de s'éloigner, parce qu'on l'appelle pour être parrain ; plusieurs versions sont très plaisantes, et figurent parmi les contes comiques les plus ingénieux3. Parfois les compères s'accusent réciproquement d'avoir dévoré la pitance, et ils conviennent de s'en rapporter à une esprce

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