‹ Le folk-lore de France (volume 4)Chapitre 69 sur 491 · Léopold Hardy. Anthologie de l'Albret, t. II, p · texte numérisé non relu

Léopold Hardy. Anthologie de l'Albret, t. II, p

4. Achille Millier), in liev. des Trad. pop.., t. V, p. 244; L. Dardy, l.c,

fit entendre une plainte, et, aussitôt le cheval fut pris d'une telle fringale que, depuis, il n'est jamais rassassié; gorgé d'avoine et de foin, on le voit encore se jeter avec avidité sur les feuilles des arbres et sur les herbes qui croissent entre les pavés1.

Une légende wallonne explique d'une façon ingénieuse pourquoi le bœuf marche avec une sage lenteur: Dès que l'homme le vit, il se rendit compte de sa force et l'employa à traîner des objets pesants ; le bœuf docile à la voix de son maître enlevait d'un pas rapide les plus lourds fardeaux. Cependant, après de longues années de labeur, il demanda à son conducteur quand il pourrait enfin se reposer : « Jamais, répondit l'homme ; tu travailleras jusqu'à la fin de tes jours. — S'il en est ainsi, répondit le bœuf, je ne me hâterai plus désormais2. »

Tout le monde connaît l'antipathie qui existe entre les chiens et les chats; bien que depuis des siècles ils soient domestiqués et vivent côte à côte, elle subsiste toujours, et elle est constatée par de nombreux proverbes. Suivant une légende wallonne, elle a été motivée, il y a bien longtemps, par une rivalité entre ces hôtes de la maison. Les chats ayant contesté aux chiens l'honneur de s'asseoir au foyer de l'homme, le différend fut porté devant l'Eternel. Les chiens firent valoir leur douceur envers les enfants et leur fidélité à leurs maîtres, ds reprochèrent aux chats leur fourberie et leur paresse. Dieu reconnut que les chats avaient ces défauts ; mais il tint compte du service qu'ils rendent en détruisant les rats et les souris. Et un compromis fut signé sur parchemin, portant que les chiens seraient les maîtres pendant le jour, mais que la nuit les chats pourraient errer en liberté par toute la maison. Ils observèrent pendant quelque temps la convention, puis ds prirent l'habitude de se réserver pendant le jour la meilleure place au foyer. Les chiens finirent par se lasser, et en appelèrent de nouveau a 1 Eternel ; au jour convenu, ils se rendirent au ciel avec le parchemin ; pendant qu'ils attendaient l'audience, chats et chiens se tournaient le dos ; vient à passer une souris ; un des chats s'élance après et le chien qui tenait le précieux titre, tourne la tète, malgré lui ; aussitôt un autre chat se précipite, saisit la pièce et la dévore ; il s'élève une dispute telle que saint Pierre met tout le monde à la porte. Mais depuis les chiens ont voué aux chats une telle haine, qu'ils ne peuvent en voir un sans se lancer à sa poursuite 3.

La singulière habitude qu'ont les chiens de se flairer au derrière lorsqu ils se rencontrent est trop curieuse pour ne pas avoir été l'objet d explications populaires. C'est à une légende bien antérieure au siècle

l.O. Colson, in Wallonia, t. I, p. 53.

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