G. P. de Ritalongi. Les Bigoudens, p
4, Dubuisson-Aubenay. I{inéraire de Bretagne en 1636, p. 112.
les flots, et les débris des navires étaient emportés par les riverains !. Au xvin° siècle, les gens d'Equihen allumaient des feux pour attirer les vaisseaux sur les rochers, et quand ils s'y étaient brisés, ils s’abattaient dessus comme des oiseaux de proie ?.
Sur plusieurs points de la côte de Bretagne, on raconte que ces feux trompeurs furent cause de la perte de marins du pays, et que des mères, coupables de les avoir attirés par ces lumières, virent les flots rejeter sur la grève le cadavre de leur enfant. Il yen a une que l’on voit parfois errer sur les sables, armée de son croc à naufrages, et l’on dit que c’est la pilleuse de mer qui cherche dans le sable le corps de son fils.
A l’île de Sein a longtemps existé la pratique suivante : Souvent, pat nuit sombre, un bateau, équipage doublé, quittait furtivement le port. Il jetait deux hommes à la pointe sud de l'ile. Ceux-ci passaient la nuit à crier : « Holà ! Hoû ! Hoùû ! Ah ! » Les habitants, effrayés, prenaient ces cris pour les plaintes des noyés ; ils se renfermaient dans leurs maisons et n'osaient bouger. Pendant ce Lemps la barque, se guidant sur les bruits différents que rendent les roches frappées par la lame, force des avirons et gagne le Raz-de-Sein. Malheur au navire, lourdement chargé, qui se serait trouvé sur sa route! Avant le jour, la barque, après avoir repris ses deux hommes, rentrait au port aussi mystérieusement qu'elle en était sortie “.
On disaitau commencement du XIX° siècle, que les habitants du littoral des Landes, à la vue d'un bateau naufragé, se ralliaient au cri de : Avarech ! Avarech ‘ ! pour aller le piller, comme ceux de la côte du Finistère à celui de Pense so en od! Epaves à la côte/ Autrefois les riverains formaient une sorte de syndicat. Des vigies surveillaient la rive, à tour de rôle. Après le pillage, part égale ; celle des absents était scrupuleusement réservée f. Suivant une sorte de proverbe breton, lorsque le vent amenait un désastre à la côte les riverains faisaient plier leurs épaules sous le faix, dussent-ils pour cela aller à la potence, et le sobriquet des gens de Guisseny était Potret ar c'hill-krok, joueurs de perche à crochet T.
Quelques récits des iles normandes parlent aussi d'actes de cruauté ou de pillage accomplis sur leurs rives. À Aurigny un navire espagnol fut
1. Abbé J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p. 148.