CAUSES DE LA TEMPÊTE
les Cornandonet, petits démons noirs qui excitaient les tempêtes! et Boucher de Perthes rapporte qu'avant les ouragans, les matelots apercevaient sur les rochers un nain blanc qui dansait ?.
On est persuadé dans plusieurs communes du littoral de la Manche, qu'après un jubilé les pêcheurs sont certains d’essuyer du gros temps la première fois qu'ils embarqueront. Cette idée se lie peut-être à celle qui, à bord, fait considérer comme funeste la présence d’un prêtre ?. Une légende du Finistère parle d’un saint qui, pour sa commodité, excitait des perturbations sur la mer. Les vieilles gens de Clohars racontent que saint Maudé se rendait régulièrement chaque année, le jour de sa fête (26 novembre) à la chapelle qu'il possède dans leur paroisse, sur Le bord de la mer ; une tempête de vent du sud l’amenait en quelques heures de l'Irlande sur les côtes de Bretagne ; arrivé à sa chapelle de Loc-Maudé, il attachait son cheval à une pierre de taille que l'on montre encore, s'inquiétait des besoins des pèlerins, et leur donnait sa bénédiction. Puis il se dirigeait en grande hâte vers Le Pouldu et allait rendre visite à son ami saint Julien. À peine était-il de retour que les vents, tournant bout pour bout, passaient du nord au sud, et soulevaient une nouvelle tempête qui lui permettait de rentrer chez lui avant la nuit.
En Bretagne, à la fin du xvir° siècle, comme aussi de nos jours, la mer entrait en furie à la mort d’un grand homme, ou lorsque des criminels quittaient ce monde; en ce cas, c'est le diable qui vient chercher son âme au milieu d’une bourrasque *,
Certains actes accomplis à terre peuvent provoquer la tempête : une femme quia son mari ou ses parents en mer ne doit pas se peigner après la nuit tombée ; il faut aussi qu'elle se garde bien de noyer un chat ; le meurtre de ce félin, à bord ou à terre, expose à du mauvais temps.
Les marins de la Saintonge assurent que toute tempête dure trois, six ou neuf jours’, croyance qui se rattache à la superstition des nombres que l’on a pu voir p. 13 appliquée aux vagues. Sur la côte du Finistère, on croyait qu'une tempête ne cessait que quand les corps impurs et les cadavres avaient été vomis sur la côte.