‹ Le folk-lore de FranceChapitre 112 sur 403 · Î[. — PRATIQUES EN RELATION AVEC L'EAU DE MER · texte numérisé non relu

Î[. — PRATIQUES EN RELATION AVEC L'EAU DE MER

Les populations du littoral ont un profond respect pour la mer et ils la considèrent comme supérieure, à tous les points de vue, aux eaux douces. Sur les bords de la Manche, on assure que tout ce qui en vient est propre. Aussi il faut bien se garder de souiller ses eaux : c'est un péché d'y faire, à moins d’y être absolument contraint, ses nécessités, et l’on dit aux environs de Tréguier, en attribuant à la mer une sorte de personnification animiste, dont on peut voir les traces dans les légendes, qu'elle pourrait punir celui qui oserait la salir ?.

Sur cette côte, il est de coutume, lorsqu'on y puise de l’eau, de souffler dessus pour en éloigner toute impureté, et d’en faire couler quelques gouttes sur le sol, comme une espèce de libation. Aujourd'hui encore à Penvenan, quand une femme a rempli un pot d’eau salée pour quelque usage domestique, elle doit, en sortant de la grève, en répandre un peu sur la terre. Elle met ensuite dans le vase une poignée de goémon pour empécher l’eau d’éclabousser et de s’en échapper. Si, en route, elle vient à en gâter, si le pot se casse, c’est le présage d'un malheur prochain ?.

Certains actes qui ont un caractère rituel plus apparent, parfois, mais non toujours christianisé, se rattachent peut-être à un ancien culte. Lorsque les”’paysans des environs de Bécherel venus en pèlerinage à Sainte-Anne du Rocher, près de Dinan, avaient cogné un clou dans le mur de la chapelle, ils se rendaient au bord de la Rance, où la marée remonte, et y faisaient une sorte d’ablution. Les gens de la ville se moquaient de cette pratique, qu'ils attribuaient à la simplicité des pèlerins, et ils disaient : « Bienheureux ceux qui vont

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