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Vérusmor. Voyage en Basse-Bretagne, p

les corps. Cette pratique a cessé depuis longtemps dans ce pays, et la tradition seule en garde le souvenir!. A Yport, il est d'usage, le jour des Rameaux, de jeter du buis bénit dans les flots, et il est destiné aux marins noyés ?.

La coutume de bénir la mer à certaines autres époques de l’année s’est conservée sur plusieurs points de nos côtes. La plus connue et la plus pittoresque de ces bénédictions est celle du Coureau de Croix, entre cette île et le continent, les gens de l'ile, clergé et bannière en tête, montent en bateau et rencontrent au milieu du coureau le clergé de Plœæmeur : les deux clergés se réunissent Sur une seule barque, les croix processionnelles s'inclinent el s'embrassent, puis le recteur de Plœmeur lance de l’eau bénite aux quatre points cardinaux #. Comme cette cérémonie a lieu le jour de Saint-Jean, on peut supposer, en raison de cette date, que c’est une survivance d’un rite préchrétien, usité à l’époque du solstice d'été. À Étretat, la procession se rendait sur le rivage, le jour de l'Assomption, et l'officiant traçait le signe de la croix sur l'eau avec la croix d'argent de la paroisse“. À Berck, un dimanche de septembre, le prêtre, monté sur un bateau, bénissail la mer: à Boulogne. avant l'ouverture de la pêche, le curé vient jeter de l'eau bénite dans la rade, en élendant par trois fois la croix au-dessus des flots 5. Il y a une trentaine d'années, le clergé de Dieppe accomplissait la même cérémonie à une époque qui n'est pas indiquée, et les assistants récilaient des litanies pour le repos de l'âme des noyés®. Sur le littoral de la Méditerranée, dans plusieurs localités maritimes de l'Aude, de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales, la bénédiction de la mer s’est faite chaque année, généralement après les Rogations et au mois de mai, jusqu'à l'époque où des arrêtés municipaux ont interdit les processions publiques ?.

Les processions pour la pluie se rendent assez fréquemment sur le bord des eaux douces, el les fidèles y accomplissent parfois des pratiques accessoires assez singulières. L'une d'elles, qui consiste à baigner une statue ou des reliques, élait autrefois usitée’en Roussillon, à la plage du Canet : c'est le seul exemple qui ait été relevé en France, et encore on ne s’adressait à la mer que lorsque la rivière était complèment dépourvue d'eau. Lors de sécheresses persistantes, on allait

. Paul Sébillot. Le Fotk-Lore des pêcheurs, p. 108.

. Comm. de M. le D' Bugiel.

. Ogée. Dict. de Bretagne, art. Groix.

. À. Karr. Le chemin le plus court, p. 61.

. Le Monde illustré, 11 octobre 1885.

. Magasin pittoresque, 1861, p. 166. Voir sur ces bénédictions et d’autres ana logues. Paul Sébillot. Le Folk-Lore des pêcheurs, p. 88-115.

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