‹ Le folk-lore de FranceChapitre 134 sur 403 · L. Duval. Esquisses marchoises, p · texte numérisé non relu

L. Duval. Esquisses marchoises, p

rèze à l'Estarbounie’, La fontaine de Saint-Gobrien (Morbihan) se montra à la place où le saint, indécis sur l'endroit où il devait s'établir, lança sa bèche?.

D'autres objets sacrés ou merveilleux font naïîlre des sources en touchant le sol. Un charretier d'Auvergne, impatienté par une pierre qui ne tenait pas sur son chariot, la jeta à terre ; c'élait une statue de la Vierge, et une fontaine se montra au lieu où elle tomba : la Foun Sent-Meissens sortit des trous creusés par les cloches qui s'échappaient du clocher en flammes de l'église voisine. La foudre fit jaillir la fontaine Sauve à Cernois (Côte-d'Or) près de laquelle on a trouvé de nombreuses haches en pierre polie‘; la découverte de ces instruments, qui, dans ce pays, comme en beaucoup d’autres contrées de France, portent le nom de pierres de tonnerre, n’est peut-être pas étrangère à la formation de la légende. L'origine d'autres fontaines est en relation avec le préhistorique : dans la Charente-Inférieure une source se montra à l'endroit où frappa la {able d’un dolmen que le diable lançait pour prouver sa force ; en Vendée la chute d'une dornée (contenu d'un tablier) de la Mère Lusine fait sourdre trois fontaines *. Un jour que Roland s'amusait à jouer au palet, il troua le pic Neulus et donna issue à la Reyna de las Fonts, la reine des fontaines, dont l’eau est délicieuse ®.

Des sources apparaissent à l'endroit, auparavant sec et aride, où des reliques ont été en contact avec le sol. Ceux qui transportaient, de Cézanne à Aurillac, le corps du comte Géraud posèrent un instant le cercueil pour aller chercher de l’eau aux environs, car la chaleur était élouffante. N'en ayant trouvé nulle part, et pressés par le temps, ils reprirent leur fardeau. C'est alors qu'ils virent au-dessous du cercueil une claire fontaine qui venait à l'instant de jaillir?. En Haute-Bretagne, une source se montra miraculeusement au lieu mêmeoù toucha, pendant une halte, la châsse de M'e de Volvire, la sainte de Néant (1694), reproduisant le miracle qui s'était accompli, plusieurs siècles auparavant, à l'endroit où s'étaient reposés les moines qui portaient le corps de saint Guénolé. La Foun Sainte-Fortunade, dans la chapelle de

Et

Chabrignac, jaillit à la place où l’on déposa les restes de la sainte; à

. Lemeuzi. Mars 1898, p. 38.

2. E. Herpin. La cathédrale de Saint-Malo, p. 42. . Dr Pommerol, in Revue des Trad. pop, 4 XV; p°41; L-deNussac 16, p.22: - H. Marlot, in Revue des Trad. pop., t. XI, p. 101. 5. Sociélé des Antiquaires, t. IV, p. 481 ; Léo Desaivre. Le Mythe de la Mère Lusine, p. 81.

6. Horace Chauvet. Légendes du Roussillon, p. 116. 1. L. Durif. Le Cantal, p. 21.

8. Cayot-Delandre. Le Morbihan, p. 305 ; Régis de l’Estourbeillon. {tinéraire des moines de Lindevennec, 1889, p. 9.

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