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LES ANIMAUX

Ecuelles, lors de la translation des reliques de saint Louis, une fontaine se montra au pied du monastère'. À Fécamp, la Fontaine du Précieax Sang se mit à couler sur le rivage où la mer laissa le tronc du figuier qui contenait le liquide sacré?.

Piusieurs légendes racontent que des saints vinrent en aide aux animaux qui transporlaient leurs restes, ou qu'ils leur communiquèrent le pouvoir de créer les sources, dont étaient parfois investies leurs châsses Les bœufs qui portaient le corps de saint Fursy s’élant tout à coup arrêlés, pressés par la soif, une eau pure se montra à cet endroit: c'est la fontaine de Frohan-le-Grand, où ils se désaltérèrent, et purent continuer leur voyage jusqu’à Péronne*. La Font Saint. Prime à Mercœur naquit sous les sabots de la mule chargée des reliques du saint“. Il est vraisemblable que dans ces traditions figurait autrefois le trait de la terre frappée par les pieds des animaux, ou de l’objet qui, en touchant le sol, donne issue à une eau abondante. Lorsqu'on transférait à Mauriac les os de saint Mary, le mulet sur le dos duquel était sa châsse fit jaillir une source en heurtant la terre avec ses sabots5. Une des cornes de la génisse attelée au chariot qui portait les reliques de saint Berthevin étant tombée à un demi-kilomètre du bourg de Parigné, on vit aussitôt sortir du sol une fontaine d’eau limpidef.

D'autres animaux figurent parmi les créateurs ou les découvreurs de sources : bien qu'en général ils appartiennent à des sainls, quelquefois ils servent de monture à des héros, et l’eau jaillit sous leurs pieds comme la fontaine d'Hippocrène sous ceux du cheval de Bellérophon‘. Lorsque l’armée de saint Martin traversait le territoire d'Ancerville, ses soldats souffraient de la soif; le saint commanda à son cheval de frapper la terre et sous son sabot se mit à sourdre la fontaine abondante qui coule encore au Pré Saint-Martin Dans la légende qui suit, le nom du plus illustre des rois mérovingiens a été substitué arbitrairement, et peut-être à une époque assez moderne, à celui d’un personnage moins connu: au temps de Clovis, la Vienne était pleine de sang; le roi ne sachant comment désaltérer ses troupes, implora le Dieu de Clotilde et promit de se faire chrétien. Alors son cheval ayant frappé du pied sur le rocher, où l’on montre encore son empreinte, il en jaillit une source. Clovis, plein d'or-

1. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 21 ; L. Lex. Le Culte des eaux en Saône-et-Loire, p. 23.

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