‹ Le folk-lore de FranceChapitre 152 sur 403 · L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p · texte numérisé non relu

L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p

près de Virson, la silhouette d'un château, et une dame blanche se montre fréquemment au-dessus de ses eaux ; c'est l'ombre d’une jeune fille qui habitait le château de Mandroux, et qui, poursuivie par un jeune seigneur, s'y précipita pour lui échapper : au même instant le château disparut'. La fontaine Geindresse à Cahan tire son nom des plaintes que fait entendre près d'elle l'âme d'une paysanne qu'un noble y jeta, après en avoir abusé?. Sur les bords d'une fontaine dans le Bois du Parc, aux Iffs, une jeune fille, tuée pendant la Révolution, apparait la nuit de la Mi-Août et chante l’Ave maris stellaÿ. Les Dames des Prés, qui fréquentent, la nuit, la Fontaine Major, près de Rougemont, sont des jeunes filles qui viennent renouveler à leurs fiancés, tués très glorieusement il y a plus de mille ans, et ensevelis non loin de là, la promesse qu’elles leur firent un jour de leur rester fidèles dans la mort comme dans la vie‘. La grande ombre de Madeleine de Saint-Nectaire revient sur les bords de la Font de Madame, laver ses mains rougies du sang du marquis de Montalle, et c’est en vain qu’elle essaie de les faire disparaiître*. Une légende romanesque raconte que sur le bord d’une fontaine, non loin de Carouge, on voit, par les tièdes nuits d'été, une fée revêtue d'une tunique ensanglantée. Au temps jadis elle avait été rencontrée la nuit, près de là, pendant qu'elle faisait entendre son chant mélodieux, par un seigneur qui s'était égaré à la chasse. Après lui avoir reproché de troubler sa solitude, elle lui sourit gracieusement et commença avec lui une danse fantastique. Enfin elle l’enleva de terre et se précipila avec lui sous les eaux. Le lendemain, le seigneur rentra au château, et dit que, s'étant égaré, il avait passé la nuit dans la cabane d'un bücheron. Depuis, chaque soir, lorsque tout le monde dormait, il s’'échappait furtivement pour se rendre au séjour de la fée. Mais une nuit sa femme s’aperçut de son absence; elle le suivit, et le. vit, après une danse animée, disparaître avec la fée sous les eaux de la fontaine. Le lendemain, elle prit un poignard, marcha sur les pas de son mari, et voyant la jeune fée qui reposait au bord de la source, elle la frappa à plusieurs reprises ; la fée, après s'être convulsivement débattue sur le gazon, s’élança dans l'onde en faisant entendre un sourd gémissement. Le lendemain on trouva près du château le corps du seigneur étendu sur le sol ; un poignard lui traversait le cœur et sur un billet étaient écrits ces mots: «Je suis vengée. » Quand'on vint annoncer à la dame la mort de son époux, on

4. G. Musset. La Chdrente-Inférieure avant l'histoire, p. 120. 2. J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. I, p. 88.

3. À. Orain. Le Folk-Lore de l'Ille-et- Vilaine, t. 11, p. 316. 4. Ch. Thuriet. Trad. du Doubs, p. 358.

5, Audigier. Trad. de la Haute-Auvergne, p. 41,

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