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LES LOUPS GAROUS

la trouva étendue sur lelit, dévorée par une fièvre ardente, et on s’aperçut qu'une tache de sang maculait son front. Elle donna peu après le jour à un enfant qui portait au front le stigmate de sang. Ce n'était d’abord qu’un petit point rougeâtre, qui vers sept ans s’élargissait et ressemblait à du sang. Ce signe apparut pendant sept générations. Les habitants de Carouge disent que l’on a vu souvent la dame, couverte d’un voile noir, pleurer son crime au pied d’un vieux hêtre !.

Tous les ans, à l'anniversaire de la mort de l’ermite saint Célerin, une colombe qui, d’après la tradition locale, était son âme, venait aux premiers rayons du jour, se plonger, à sept reprises différentes, dans la fontaine qui porte ce nom à Roucamps, puis on la voyait remonter dans les cieux?. Cette donnée de l'âme qui se baigne à la fontaine sous forme d’oiseau se retrouve dans une chanson de la Haute-Brelagne :

A la claire fontaine

Trois pigeons blancs s’y baignent ; Ils s’y sont tant baignés,

Que la fontaine est tarie.

Ils ont prins leur volée

Sur la tour de Paris :

On dit que c’est trois anges

Qui vont z en Paradis *.

Suivant des croyances qui n’ont élé relevées que dans le Sud-Ouest et le centre de la France, les fontaines sont en rapport avec la lycanthropie. Vers 1820, un écrivain du Périgord rapportait en ces termes une superstition qui était commune à ce pays et à des provinces voisines : certains hommes, notamment des fils de prêtres, sont forcés, à chaque pleine lune, de se transformer en loups-garous. C’est la nuit que le mal les prend ; lorsqu'ils en sentent les approches, ils sortent du lit, sautent.par la fenêtre et vont se précipiter dans une fontaine. Après avoir battu l'eau pendant quelques moments, ils sortent du côté opposé à celui par lequel ils sont entrés, et se trouvent revêtus d’une peau de chèvre que le diable leur a donnée. Dans cet état, ils vont très bien à quatre pattes et passent le reste de la nuit à courir les champs. Un peu avant le jour, ils reviennent à la fontaine, déposent leur enveloppe et rentrent chez eux“. Les loups-garous de la Montagne Noire devaient aussi, au commencement et à la fin de leur course, se plonger dans les fontaines *.

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