ACTES PRÈS DES FONTAINES
Dans le Cantal, si les miettes de pain jetées sur l’eau vont tranquillement et vite au fond, on peut en boire en toute confiance, mais non si elles restent à la surface. Le pain trempé dans l’eau pendant quatre ou cinq minutes enlève ses mauvaises qualités en les absorbant!
Certains actes, dont plusieurs ressemblent à des offrandes, ont pour but d'empêcher les fontaines de tarir. Dans la Gironde, on y jette de la braise du feu de la Saint-Jean. À Saint-Georges de Montagne, on allait jadis deux fois l’an à la fontaine publique, en procession, et l’on y plongeait le cierge pascal : une année que la cérémonie n'avait pas eu lieu, elle se tarit, mais elle revint quand on y eut porté le cierge ?.
On verra au chapitre suivant que de nombreuses visites collectives sont faites aux suurces par ceux qui croient à leur puissance. Elles ont aussi servi en plusieurs circonstances de lieux de réunion pour des actes qui parfois même touchaient à la politique. Autrefois les « Michelets » au retour de leur pèlerinage à Saint-Michel-sur-Mer, s’arrêtaient devant la fontaine vénérée de Granfort à La Châtre ; c'était là que le clergé venait les chercher pour les conduire processionnellement à la chapelle de Notre-Dame-de-Vaudouan *. Le jour de Pâques, toute la jeunesse des deux sexes se rendait en cérémonie, suivant l'antique usage, à la fontaine de l'Amour, près du bourg de Saint-Jean-de-Cole. Elle montait ensuite sur le plateau, y folâtrait, dansait et y prenait ses repas jusqu’au soir ‘.
C'était près de la fontaine de Bodine, dans l’ancienne lande de Thélin en Plélan (Ille-et-Vilaine) que les Thélandais élisaient chaque année les deux préfets qui administraient leur petite république .