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CHAPITRE II

Ainsi qu'on l'a vu au chapitre précédent, le rôle des fontaines dans la légende est très considérable, et plusieurs constatent le respect ou la crainte qu'elles inspirent en raison de leur origine merveilleuse, ou des personnages qui y président ou qui même y ont leur demeure; en réalité aucune des forces de la nature n'est l’objet de croyances aussi variées, d'observances plus nombreuses. Le peuple est encore persuadé que beaucoup de sources peuvent exercer une réelle influence sur les éléments, sur la destinée et les affections des êtres, sur la santé ou la maladie des hommes ou des animaux; il les consulte comme des espèces d'oracles, ou va accomplir sur ue bords des rites et ee actes que nous sommes loin de connaître tous.

Le culte des fontaines était solidement établi el très populaire dans les Gaules, lorsque les apôtres commencèrent à y prêcher l'évangile : ils essayèrent de le détruire en comblant les sources ou en démolissant les petits monuments que les païens avaient élevés au-dessus. Maisil est probable que le clergé ne tarda pas à s’apercevoir qu'on ne pouvait appliquer ce traitement brutal à toutes les fontaines vénérées, et les plus intelligents de ses membres pensèrent qu’au lieu d'attaquer de front les superstitions, il valait mieux les tourner ?. Suivant une politique

1. Suivant J.-G. Bulliot et Thiollier, à l'époque où saint Martin prêcha le christianisme, les sources étaient un accessoire obligé des oratoires ruraux de la Gaule, et ces derniers, ainsi que les fontaines qui les avoisinaient le plus souvent, étaient le but de pèlerinages publics ou isolés, mais incessants (La Mission de saint Martin, p.46 113, 391). Plusieurs fontaines antiques du pays éduen paraissent avoir été l'objet des tentatives d'obturation ou de destruction recommandées par les conciles (J.-G. Bulliot et Thiollier. Z. c., p. 280, 308 et passim). La plus curieuse de ces constatations résulte de la découverte dans une sorte de marécage, d'une macçonnerie faite sur une source, et qui avait été comblée à l'aide de débris de toutes sortes; on y trouva des fragments d'une divinité et dans la vase des monnaies romaines (p. 240).

2. Les dévotions pepulaires ont souvent la vie dure ; parfois elles survivent à la destruction du monument auquel elles s'attachaient, ou vont se transporter à un autre

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