Bérenger-Féraud, Superstilions el survivances, t. Herr
4 Le Roman de Rou, éd. Pluquet. Il, p. 42 ; cité par Félix Bellamy. La forél de Bréchéliant, t. 1, p. 381. L'auteur de cette monographie reproduit, t.Il, p. 4 et suiv. d’autres textes relatifs à cette coutume d’exciter les orages en versant de l'eau sur la margelle.
de Montfort vient à ladite fontaine et de l’eau d'icelle arrose et mouille le perron, quelque chaleur, temps sûr de pluie, quelque part que le vent soit, soudain et en peu d'espace, plutôt que ledit seigneur n'aura pu recouvrer son chasteau de Comper, ains que soit la fin d'iceluy jour, plera en pays si abondamment que la terre et les bicns estant en icelle en sont arrousés et moult leur profite'.
S'il fallait en croire Souvestre, le recteur de Concoret aurait hérité de cette prérogative du seigneur de Brocéliande : il n'avait qu'à se rendre à la fontaine, à y puiser un peu d'eau et à la verser sur la margelle, pour qu'il pleuve au moins vingt-quatre heures dans toute la paroisse ?.
L'usage de lancer de l'eau sur le saint protecteur de la source, ou sur le prêtre qui y conduit les fidèles, est beaucoup plus répandu. Les paysans des environs de Bain vont en pèlerinage, pour avoir de la pluie, à une fontaine placée dans les ruines d’une chapelle de Saint- Melaine ; ils y portent des pieds de cochon, et l'un des fidèles asperge avec l’eau de la fontaine un morceau de bois, dernier débris du saint, en disant :
Saint Melaine, mon bon saint Melaine, Arrose-nous comme je t'arrose *.
Les pèlerins qui se rendent, aux mêmes intentions, à une fontaine miraculeuse près de la chapelle en ruines de Saint-Conval en Hanvec, jettent aussi de l’eau à la figure du saint*.
L'aspersion des efligies n’a été relevée jusqu'ici qu'en Bretagne: une fois en pays bretonnant, une fois en pays de langue française ; on n'y a pas constaté le rile qui consiste à mouiller, non plus la divinité, mais ses représentants. Il semble surtout praliqué en Bourgogne et en Niver-