Cf. t. 1, p. 339 du présent livre
6. E. Souvestre. Les derniers Bretons, t. I, p. 61. 1. A. Le Braz, in Soc. arch. du Finistère, 1899, p. 203, 204.
ablutions qui doivent, sinon le préserver des blessures, du moins le tirer à peu près sain et sauf des dangers".
En Basse-Bretagne, à la fin du XVIIT* siècle, on trempait les enfants dans les fontaines pour les rendre insensibles à la douleur?.
En Saône-et-Loire, les premiers commauniants vont planter dans l’eau, sous la voûte de la Fontaine de Saint-Nizier à Jalogny, de petites croix de bois, ou y suspendent des couronnes de feuillage, de roseaux, ou même y jettent des sous *.
La puissance des fontaines ne semble guère s'étendre sur la réussite des affaires autres que celles qui sont en relation avec l'amour. L'acte qui suit n’a pas été accompli par des paysans, mais par des élèves d’un grand collège catholique : étant venus à la fontaine de Lourdes ils y trempèrent leurs plumes, afin d'être reçus à leur examen‘.
Les femmes dont les maris sont en mer viennent s’agenouiller devant la fontaine de Saint-Pierre le Pauvre à Tréboul près de Douarnenez, pour demander que la pêche soit fructueuse. Actuellement elles s’adressent à une statuette du saint, et l'on n’a pas relevé de pratiques en relation directe avec les eaux; l'effigie du prince des apôtres a peut-être eu pour but de supprimer, ou tout au moins de christianiser, des obseryances païiennes .
Les fontaines dont les eaux assurent le retour au pays natal sont peu fréquentes en France ; celle d'une petite source des environs de Gisors appelée le Réveillon, possède ce privilège : si l’on boit de ses eaux on revient mourir à Gisors, en quelque lieu que l'on soit exilé. Du temps des Croisades, dit M. d’Arlincourt, les pèlerins du canton qui avaient fait vœu d'aller en Palestine ne manquaient pas d'aller boire au Réveillon pour ne pas mourir aux rives étrangères. Nos soldats de la République et de l'Empire ont été s'abreuver aussi à la petite fontaine, sans qu'on dise, malgré de douloureuses catastrophes, qu'elle ait perdu de sa magique renommée‘. Jadis les conscrits, la veille du tirage, allaient y boire pour ne pas prendre un mauvais numéro’.
Quelques fontaines font oublier les peines de cœur, les chagrins ou la haine ; il y en a deux dans les Ardennes, peu distantes l'une de l'autre ; l’'amoureux qui a perdu l'espoir d’épouser sa belle, va boire un verre d’eau à la fontaine.de Valacon, puis un second à celle d’Ar-