‹ Le folk-lore de FranceChapitre 19 sur 403 · E. Herpin. La Côte d'Emeraude, p · texte numérisé non relu

E. Herpin. La Côte d'Emeraude, p

3. François Marquer, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 337. 4. Jos Le Carguet,'1bid., t, XVII, p. 574.

raies claires à des épisodes de la légende de sainte Blanche, née dans leur principal village, où elle est l’objet d’un culte. Les Anglais l'y ayant surprise et emmenée sur un vaisseau jusqu à Londres, elle leur échappa, et, cheminant sur l’eau, elle revint en quelques heures à son pays natal. Son parcours, qui est parfois encore visible, est le « Chemin de sainte Blanche »': suivant une autre version, c'est la trace du sillage du bateau sur lequel ceux qui l'avaient enlevée furent obligés de la ramener?. Plus tard, elle épousa un capitaine de vaisseau qu’elle suivait à la guerre ; il fut tué dans un combat, et le découragement se mettait dans l'équipage, lorsque l'héroïne sauta à la mer, et se dirigea à pied : sec vers les Anglais qui, effrayés de ce prodige, s’enfuirent jen toute hâte. Sa statue semble avoir eu le même privilège: prise dans sa chapelle par les ennemis, elle s’anima tout à coup lorsqu'ils l’eurent insultée, s'élança du vaisseau, et, traversant la mer où elle laissa un chemin, elle vint se replacer dans sa niche *. Comme le nom et les gestes de cette sainte, à peu près ignorée en dehors de la région, sont le plus fréquemment en rapport avec ces taches, on peut supposer que, suivant un processus dont on a d’autres exemples, l’association d'idées entre son nom de Blanche et la couleur, relativement blanche, de ces raies, n’a pas élé étrangère à l'appellation par laquelle on les désigne, et à la formation des légendes qui les expliquent.

Le « Sillon de saint Germain », dans la baie de la Fresnaye, séparée de l’anse de Saint-Cast par une simple presqu'ile, commémore le passage de la statue de ce bienheureux. Elle se trouvait à Plévenon, sur la côte en face de celle où est située l'antique église où on la voit encore, lorsqu'arriva le jour du pèlerinage annuel ; mais le temps était si mauvais qu'aucun bateau n'osa sortir pour l'y reporter. Afin de ne pas contrarier les fidèles qui allaient venir à son sanctuaire, la statue se mit en mouvement et traversa toute seule la mer. Au « Chemin de saint Jean » que l’on montre dans la même baie, s’attachait probablement quelque légende analogue‘. Mais elle est oubliée, comme celle que suppose « l’ Quémin de Saint-Martin-ye » par lequel les pêcheurs de Boulogne désignent les graissins à fleur d’eau que laisse le frai du hareng. A Diélette, le « Chemin de saint Germain » perpétue le souvenir du trajet que fit un saint Germain, différent de celui de la Fresnaye, lorsqu'il vint délivrer ce pays du tribui que l'on payait au Serpent du Trou Baligan. Un jour qu'on amenait un enfant au

. Paul Sébillot. Petite Légende dorée de la Haute-Brelagne, p. 2-3. . Paul Sébillot. Traditions de la Haute-Bretagne, t. I, p. 323.

. Paul Sébillot. Petite Légende dorée, p. 4, 5, 1.

. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t. I, p. 184.

. E. Deseille. Glossaire des matelots boulonnais, suppt, v. frequn.

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