F. loussay, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p
la viet. S'il arrivait que le pèlerinage pour abréger l'agonie n'eût pas été efficace, celle qui l'avait accompli par procuration devait à son retour, verser sur les paupières du patient quelques gouttes d’eau prise à la fontaine de Rumengol; ses yeux se renversaient aussitôt dans leurs orbitres et la douleur le quittait avecla vie?. Les moribonds des environs de Seilhac veulent boire avant leur fin, un peu d’eau de la fontaine de Boussaguet *.
On vient d'assez loin à une fontaine de Saint-Helen près de Dinan, chercher de l'eau atin de laver la figure des morts; elle a la vertu d’enlever toutes les souillures, ct comme la figure représente l'âme, c'est elle qui reçoit cette ablution. Autrefois on ne se servait aux environs d'Amancey (Doubs), pour faire la toilette des morts, que de l’eau de la fontaine de Gal, qui était aussi réputée pour ses qualités purifiantes, et on venait parfois de très loin en chercher".
En plusieurs pays on attache une idée de bonheur à l’eau puisée aux fontaines à certains jours de l’année. Dans les Alpes et en Franche- Comté, l'heure de minuit du premier de l'an est surtout propice : les Franc-Comtois attendent avec impatience qu'elle ait sonné pour être les premiers à boire à la fontaine ou à donner de son eau à leur bétail, car ils croient que la première personne qui absorbe la fleur ou la crême de l'eau sera heureuse toute l’année ; si ce sont les bêtes elles engraissent ou prospèrent à soubail®. En Berry et dans la Meuse, celui qui puise le premier à la fontaine du village à de la chance jusqu'à la fin de l'anf. L'abondante fontaine de Durstel en Alsace donne du bonheur à celui qui peut prendre la première eau qui y coule le premier janvier’. Le samedi saint, en Provence, au moment où Îles cloches se remeltent à carillonner, les femmes viennent en foule chercher de l'eau à la fontaine, persuadées que la famille qui la boira sera préservée de maladies et d'accidents pendant toute l'annéc*.
L'eau d’une source à Houtain-le-Val (Brabant wallon) puisée à minuit de Noël, avant que les douze coups n'aient sonné, préserve de tout malheur ceux qui s’en servent”.
On trouve dans les contes des similaires de la fontaine de Jou-
1. Henri Liégard. Les saints quérisseurs en Basse-Bretagne, p. T#.