‹ Le folk-lore de FranceChapitre 191 sur 403 · CONSULTATIONS ET PRÉSAGES · texte numérisé non relu

CONSULTATIONS ET PRÉSAGES

vence; ordinairement un vieux roi envoie ses fils à la recherche de l'eau qui rajeunit ou qui « ramène les vieilles gens à l’âge de quinze ans », et qui ne peut être prise que dans une fontaine de l'accès le plus difficile‘. On racontait dans le Jura qu'il y avail jadis vers Chatenois une fontaine qui rajeunissait les femmes, pourvu qu'elles eussent été un an et un jour fidèles à leur mari?.

L'eau qui endort figure dans un conte de marins : il suffit de puiser à une fontaine que le diable possède dans une île et d'en jeter quelques gouttes sur la tête de quelqu'un pour qu'il tombe dans un sommeil profond.

On a relevé quelques exemples de conjurations qui sont en rapport avec la puissance que l'on attribue aux fontaines. La clandestinité, peut-être obligatoire, de la pratique, le caractère « d’envoûtement », qu'elle semble avoir parfois, explique pourquoi on en connaît peu qui s'appliquent aux hommes, et pourquoi on n’en a pas de description précise. À vrai dire, la seule mention authentique est celle de la fontaine de Saint-Mauvais, commune d'Argent, en Berry, à laquelle on allait, il y a quelques années encore, s'ablutionner pour inlercéder contre un ennemi, un rival, un oncle à succession, une belle-mère, étc*.

Le caillebotier ou soutireur de beurre du Berry se rend, dans la matinée du premier jour de l'an, avant tous ses voisins, près de la fontaine ou de l'abreuvoir du hameau. Il en écrême avec soin la surface, el avec ces précieuses prémices, il compose un breuvage grâce

auquel ses vaches deviendront promptlement les meilleures laitières du canton”.

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