Vérusmor. Voyage en Basse-Brelagne, p
8. A. Le Braz. La Légende de la Morten Basse-Bretagne, t. 1, p. 69.
&. G.-P. de Ritalongi. Les Bigoudens, p. 66.
5. A. Le Braz. La Légende dela Mort,ti1, p.11. On a vu,p 203, un autre exemple de reflet de la tête de mort, qui annonce le décès prochain d'un matelot qui vint de s’embarquer.
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Ce genre de consultation est plus fréquemment employé par les gens qui, ayant été mordus par des chiens suspects d'hydrophobie, désirent être renseignés sur la gravité de leur cas. Ils se rendent à la fontaine de Saint-Gildas et le rustique miroir de l’eau donne un diagnostic certain. Si l'image du chien se reflète sur la surface de l’onde, le sujet est enragé, sinon il n’est pas malade ; dans le premier cas d'ailleurs l’offrande d'un coq suffit pour préserver le mordu du terrible mal', L’oracle rendu par la fontaine de Saint-Ségal, près de Châteaulin, est fondé sur une idée diamétralement opposée: la personne mordue n'a rien à craindre si elle voit sur ses eaux l’image du chien coupable ; si elle ne l'aperçoit pas, elle mourra à bref délai de la rage*. Suivant la croyance du cap Sizun, les chiens enragés sont obligés, avant de mourir, de venir rendre compte de leur conduite à saint Tugen de Primelin. Celui qui a été mordu doit tâcher de devancer le chien, et pour cela il court à la chapelle, fait trois fois le tour de la fontaine et regarde au fond de l’eau ; si celle-ci reflèle sa figure, il peut se rassurer, le saint a entendu sa prière et il l'a exaucée; si l'eau reproduit l’image du chien, c'est que l’animal a déjà passé, et a caché à saint Tugen ce qu'il a fait; le saint n’a plus de pouvoir et le patient tombe de rage à l’instant?.
L'épreuve par le flottement du linge ayant appartenu au malade dont on veut connaitre les chances de guérison ou de mort a été relevée dans un assez grand nombre de pays de France, et elle est aussi assez courante en Wallonie‘. Elle consiste à l'étendre sur les eaux de sources réputées pour leur vertu, et dont quelques-unes ont surtout cette spécialité : lorsque le linge ou la chemise surnage, le malade est d'ordinaire certain de guérir ; s’il va au fond sa mort est proche. Cette consultation s’est faile, pour les enfants, à la fontaine de Saint-Eutrope, à celles de Genay et de Thostes dans la Côte-d'Or ; on s’adressait pour les adulles fiévreux, à la source de Saint-Barthélemy à Monthelon près d'Autun ; à celle de Saint-Alangeur {Côte-d'Or}, qui fut comblée à la fin du XVIIE siècle, on venait de fort loin pour les malades qui étaient à l'agonie ou trainaient depuis longtemps ; l'immersion de la chemise était précédée d'une neuvaine et accompagnée de prières ÿ. On tirait des augures analogues de pratiques qui se faisaient, ou se font, près de
1. Henri Liégard. Les saints guérisseurs de Basse-Brelagne, p. 54.