‹ Le folk-lore de FranceChapitre 196 sur 403 · Comm. de M. O. Colson · texte numérisé non relu

Comm. de M. O. Colson

. Hipp. Marlot, in Rev. des Trad. pop.,t. X, p. 213-214 ; L. Lex. Le Culte des eaux en Saône-et-Loire, p. 28.

plusieurs fontaines du Morbihan, et de quelques fontaines de la Meuset. Lorsque la chemise posée sur la fontaine Sainte-Reine à Villiers Saint- Benoit (Yonne), restait sur l'eau, non seulement le malade devait guérir, mais c'était pour lui un présage de iongue vie?.

Parfois le pronostic dépend, comme on l'a déjà vu en matière de destinée, de la façon dont s'opère la submersion ; suivant que la petite chemise de l'enfant, plongée dans la fontaine de Saint-Just en Trévé près ‘Loudéac, ou dans celle de Saint Pierre en Saint-Thélo (Côles-du-Nord) s enfonce par le haut ou par le bas, il doit guérir ou succomber*. En divers autres pays de Basse-Bretagne, les sbservalions que l'on tire de ceîte pratique sont plus nombreuses et plus variées. Lorsque la chemisette du petil malade placée sur la fontaine consacrée surnage facilement, l'affection est bénigne; descend-elle tout de suite au fond, aucune puissance au monde ne saurait sauver le pelit être. Si elle flotte au Contraire entre deux eaux, l'affection est grave, la guérison incertaine, et il faut se hâter de le revêtir de linges {rempés dans la source miraculeuse*.

Quelques actes accessoires, assez rarement constatés, semblent avoir pour but de rendre la consultation plus efficace. Lorsqu'on venait la nuit à la source de Souppy-le-Château. qui coulait dans l'ancien cimetière, la chemise ou le linge du patient, devait être imprégné de sa sueur’. A Lay Saint-Rémy, près de Toul, avant d'étendre sur l'eau de la fontaine de Saint-Léger un linge à l'usage du malade, on lui faisait toucher l’image de ce bienheureuxt.

On a relevé deux exemples d’une singulière pratique à laquelle on n'avail recours que dans des cas exceptionnellement graves ; les objets sont très lourds, mais il semble que ceux qui les emploient pensent qu'ils ne sont pas forcément soumis aux lois physiques. Dans le Loiret-Cher, les gens qui avaient chez eux un moribond jetaient dans une fontaine un fer rouge encore ; s’il surnageait la guérison était prochaine’; à Hénansal (Côtes-du-Nord), l'épreuve doit être faite avec un fer à cheval trouvé sur le chemin par une nuit sans lune ; On le porte à une fontaine spéciale : s’il va au fond, il est inutile de soigner le malade ?,

etc. de la Meuse; p.143, 145.

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