‹ Le folk-lore de FranceChapitre 197 sur 403 · PE RUE EE RAR ENER · texte numérisé non relu

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Quand on ne sait pas au juste à quel bienheureux il convient de s'adresser, on pratique l'épreuve par le flottement. En Berry si la chemise du malade déployée sur la fontaine descend rapidement au fond de l’eau, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin ; si elle surnage, le saint de céans ne peut rien à la guérison, et il faut chercher ailleurs'. Dans la Meuse, lorsqu'un enfant souffre ou languit, sa mère ou quelque membre de sa famille se rend avec une de ses chemises à l'une des sources voisines de Gondrecourt et“de Ligny. On la jette sur l’eau : si elle surnage, l'enfant est condamné comme «ne tenant pas du saint», si au contraire, elle coule toute entière à fond, l'enfant « tient tout entier du patron de la fontaine, el sa guérison est assurée. Dans l'un et l'autre cas la famille fait faire une neuvaine qui hâtera la mort ou le rétablissement du malade. Si une partie seulement de la chemise est immergée, la partie correspondante du corps est seule atteinte, etl’on n’en fait pas moins la neuvaine obligatoire?. La partie de la chemise des enfants malades, qui, trempée dans la fontaine Saint-Germain à Chapelle-lez-Herlaimont, se mouille en premier lieu indique le siège de la maladie*. À Saint-Rémy, dans la Meuse, il est révélé par les points de la chemise qui s'enfoncent*.

Ainsi qu'on l’a vu, p. 214, la salive sert à connaitre la bonne ou la mauvaise qualité de l’eau. Elle est aussi quelquefois employée dans le Finislère par ceux qui veulent savoir s'ils sont poitrinaires. Ils crachent dans une fontaine ou dans un ruisseau ; si la salive reste quelque temps sur l’eau sans se dissoudre, ils sont en bonne santé ; mais s'ils sont attaqués de cette affection, leur crachat se confond de suite avec l’eau’.

On peut désigner sous le nom d'épreuve par le son, une pratique qui jusqu ici n’a été relevée que dans le pays de Gourin (Morbihan). On se rend à la fontaine de Saint-Diboan, dont le nom signifie « qui guérit de toute peine», etonla videcomplètementavec une écuelle. Cette opération accomplie, on se penche sur le trou par lequel l’eau sort de de terre ; si elle sourd avec bruit, le moribond est en train de trépasser, si au contraire elle s’épanche sans bruit, toutes les chances sont pour qu'il revienne à la vie‘.

Un autre saint de l’agonie, saint Languiz, a aux environs de Plougastel-Daoulas, dans le Finistère, une source qui lui est dédiée. On va la consulter lorsque l'ombre de la mort semble planer sur une personne chère; si elle est pleine, l'heure du malade n’est pas

4. Laïisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. I, p. 323. 2. H. Labourasse. Anciens us etc. de la Meuse, p. 143. 3. Alfred Harou. Le Folklore de Godarville, p. 32.

4, H, Labourasse, L. c., p. 145,

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