Comm. de M. de Beaurepaire-Froment
de Jobins, à cause d'une fontaine placée sous la protection de saint Job, où se rendent en pèlerinage un grand nombre de personnes affligées d'ulcères {.
Lorsque la maladie ne se présente pas sous une forme assez nettement déterminée pour que l’on sache quelle est au juste la fontaine à laquelle il faut s'adresser, on a recours à des consultations qui font cesser touteincertitude. En Limousin, elles sont ordinairement faites par des matrones veuves, dans quelques pays par des vieillards indistinctement, ailleurs par des sorcières ou des rémégeux. Quand il s’agit des enfants, les matrones allument, aux quatre pieds du berceau, quatre bougies au nom de quatre saints supposés favorables à la guérison ; la première consumée décide la dévolion à laquelle il est nécessaire d’avoir recours. À Solignac, les bonnes femmes font brûler une tige de fusain ou de noisetier, en récitant une litanie de noms de saints, vocables des fontaines du pays ; lorsque le feu s'éteint ou que la branche est consumée, le patron dont le nom est prononcé au même moment est celui au sanctuaire et à la fontaine duquel on peut faire un pèlerinage efficace. Dans le Haut-Limousin, on brûle quelques bouts de baguettes de coudrier, eueillis la veille de la saint-Jean ; les charbons ainsi obtenus sont jetés dans un vase plein d’eau et, comme chaque parcelle représenie une fontaine, la première qui tombe au fond indique le lieu où l’on doit se rendre ?.
En Basse-Bretagne, l'épreuve se fait tout différemment: lorsqu'un malade est atteint d’un abcès ou d'une affection qui en présente l’apparence, comme ils sont de plusieurs natures, il est utile de savoir quel est, parmi la douzaine de saints qui y président, celui auquel on doit s'adresser dans ce cas spécial. C’est un ver de terre qui sert à résoudre ce problème : à Plouagat (Côles-du-Nord) on le met sur la partie enflée ou tuméfiée, et l’on prononce le nom des saints qui passent pour être propres à guérir l'affection. On recommence autant de fois qu’il le faut, et en changeant chaque fois le ver de terre. Quand on a nommé le saint qui est efficace, le ver meurt en touchant la partie du corps qui est malade, et l'on peut dès lors aller en pèlerinage à sa chapelle ou à sa fontaine. Ailleurs le ver est coupé en trois tronçons, et pendant qu'il s'agite et se tortille, l’un d'eux est placé sur la partie malade. L'un des assistants dit les litanies des saints, l’œil fixé sur l’helminthe sectionné : à la dernière convulsion, on s'arrête ; le saint nommé est celui qu'il faudra consulter *.
1.J.-Th. de Raadt. Les sobriquets des communes belges. Bruxelles, 1904, in-8, p. 189. 2. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 7.