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ORIGINES DE LEURS VERTUS GUÉRISSANTES

Ainsi qu'on l'a vu, quelques fontaines possèdent des qualités particulières en raison de leur origine; d’autres les doivent à des actes accomplis sur leurs eaux ou dans le voisinage. Une source de Saint- Géréon (Loire-Inférieure) a des vertus guérissantes depuis que la Vierge y à trempé le doigt!. La Bénite Fontaine de la Roche en Haute-Savoie, où elle se plongea toute habillée pour échapper à ses persécuteurs ?, la fontaine de la Pichée à Pintheville (Meuse) dans laquelle elle est venue se laver les pieds?, ont des propriétés curatives, et celle d'Orcival (Puyde-Dôme) est devenue miraculeuse parce que Sainte Anne y lessivait les langes de l'Enfant Jésus *.

Saint Thyrses ayant été roulé dans un tonneau garni d'instruments tranchants jusqu'à la fontaine de Labruguière (Tarn) qui porte son nom, la doua du pouvoir de guérir ou de préserver des opthalmies5. La fonlaine de Saint-Méen est efficace pour les affections de la peau, parce que le saint s'y lava et fut guéri d'une dartre ou maladie cutanée dont il était affecté f ; l'eau de la Fons Saint-Martial de la Graffouillière est bonne pour les maux d'yeux, depuis qu'elle étañcha la soif du saint, malade de la fièvre quarte’. Celle de la fontaine de Saint-Guérin à Carnblain-Châtelain (Pas-de-Calais) est employée en lotions contre un grand nombre de maladies, depuis que les reliques de saint Guérin, dispersées par les Normands, y furent retrouvées 8.

La fontaine de Saint-Hildevert, à Vers-Herbecourt, dans la Somme, aujourd'hui disparue, avait la propriété de guérir les épileptiques et les scrofuleux, qui lui venait de son origine ; un habitant d'un village voisin atteint de paralysie, étant venu supplier saint Hildevert de le soulager, une fontaine jaillit soudain, et le saint lui dit : Buvez de cette eau ; il en but et fut guéri °. Une fontaine que l’on voit encore près de l'église de Gael, dans la partie de l'Ille-et-Vilaine voisine de l'antique forêt de Brocéliande, passe pour guérir de la rage, depuis que saint Méen l’a fait sourdre, à la prière du roi Hoël, pour le remercier de lui avoir permis de fonder un monastère 10.

Parfois, il avait suffi pour rendre une fontaine miraculeuse qu'un saint personnage s'y fût désaltéré. La l'ont Saint-Theau à Nedde (Haute-

1. Léon Séché. Contes et figures de mon pays. 1889, in-12, p. 221. 2. Antony Dessaix. Légendes de la Haute-Savoie, p. 76.

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