H. Gaidoz. La rage el saint Hubert, p
Vienne) dont le pouvoir sur divers maux est attesté par un document de 1664, était devenue guérissante depuis que le saint, ermile en ce lieu, y avait bu ‘. L'eau dela fontaine de Salaün qui touche les murs de la belle église de Folgoët, est employée contre toutes sortes de maladies, parce que, disent les gens du pays, c’est là que le cher innocent Salaün trempail son pain sec ?.
D'après un acte notarié de 1720, signé par le curé et des témoins, la fontaine d'Eygurande serait devenue spontanément miraculeuse par le lavage d’une stalue en pierre de la Vierge, qui avait été trouvée dans un pré, et qu'on débarbouilla dans cette source’. La fontaine de Saint-Audevoir à Saint-Prest (Eure-et-Loir) doit ses vertus à la statue de ce saint protecteur qui est au fond de l’eau‘. En Berry, le pèlerinage de Notre-Dame de Vaudouan remonte à la découverte faite en 10413, d’une statuette de la Vierge qui flottait sur les eaux de la fontaine de Yaudouan. On la porta successivement dans l'église de Briantes, dans celles de Saint-Germain, de La Châtre, mais toujours le lendemain on la retrouvait invariablement flottant sur la fontaine *.
Quelques praliques usitées en Bretagne semblent montrer que certaines sources n'ont pas par elles-mêmes une vertu inépuisable, mais qu’elles la doivent à l'intervention des saints, el qu'il est utile de la renouveler par le contact de leurs reliques : à la fin du XVIII siècle, on trempait celles de sainte Honorée, conservées dans l'église de Languengar, dans une fontaine qui opércit des merveilles’. Le chef de saint Clair, que l’église de Reguiny prétend posséder, est immergé deux fois par an dans l’eau d'une fontaine qui guérit les maladies des yeux ; à Saint-Jean du Doigt, le clergé plonge, le jour du pardon, la relique du précurseur, dans la fontaine monumentale *. D'après une légende qui jusqu'ici n’a été relevée qu'en Limousin, mais qui ne lui est pas peutêtre spéciale, un saint vient en personne donner périodiquement à une source la bénédiction qui lui confère ou lui conserve sa vertu; on y raconte que le jour de la fêle de saint Martial, saint Pierre, en allant rendre visite à l’apôtre d'Aquitaine, s'arrête à la fontaine Saint-Martial, proche la Corrèze, pour y boire, et y bénir l'eau qui passe pour guérir les fièvres. On peut rapprocher cette visite de la descente de saint Jean sous les eaux de la mer, le 24 juin, pour bénir les plantes marines, et de
. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 19.
. F. Duine, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 2235.
. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 23.
. A.-S. Morin. Le prélre el le sorcier, p. 21.
. Ludovic Martinet. Le Berry préhistorique, p. 49-50 ; actuellement le pèlerinage
se fait plutôt à la chapelle construite près de la fontaine qu’à la source elle-même.