PROPHYLAXIE DES MALADIES FUTURES
la croyance du Vexin, suivant laquelie il se dégage une force nouvelle de chaque source si le soleil reluiserne Ab dout le Credo de la messe chantée le jour de la fête du saint invoqué !. ;
Il est des fontaines qui paraissent avoir une sorte de prescience de Li visite qui va leur être faite, et qui la manifestent par des signes extérieurs; on en trouve en Basse-Brelagne dont l’eau, comme celle de Saint-Maudez en Lanvellec, « bout » quand un malade entre sur « la Lerre de la fontaine ? », Lorsque quelqu'un avait résolu dans son esprit de se rendre à une fontaine de Saint-Méen, en Normandie, efficace contre la lèpre, des végétalions blanches survenaient autour du bassin”.
Dans cette monographie, où il s’agit de folk-lore et non de médecine, je me bornerai, la plupart du temps, à relever parmi les centaines de faits recueillis jusqu'ici, les exemples de rites singuliers, dont beaucoup sont vraisemblablement des vestiges de cultes pré-chrétiens, soit qu'ils se liert à des cérémonies religieuses, soient qu'ils aient lieu sans intervention apparente de christianisme.
Même avec cette élimination, le classement rigoureux n'est pas facile, et j'ai dû tantôt réunir les pratiques par affinités de but, tantôt par affinités d'observances, tantôt par affinités médicales, afin de mettre un peu d'ordre parmi cette masse de faits, qui n'ont pas toujours été relevés avec toute la précision désirable.
Les actes accomplis près des fontaines ont quelquefois pour objet de prévenir les maladies futures : leur efficacité est subordonnée à l'accomplissement de certaines conditions, parfois assez singulières : IL ya une cinquantaine d'années, les jeunes gens qui allaient, le lendemain de la Pentecôte, manger des œufs durs autour d’une source de Coussanges-aux-Forges, s'évertuaient à boire, autant de fois qu'ils le pouvaient, de l’eau plein la coque de l'œuf qu'ils avaient mangé, afin d'être préservés de la fièvre *. À Gerzat (Puy-de-Dôme) on va, dans le même but, boire, avant le lever du soleil, l'eau de la fontaine du Vignalÿ. La fontaine de Saint-Bieuzy à Bieuzy (Morbihan) préserve de la rage ceux qui en font trois fois le tour, la bouche pleine d'eau ; le petit morceau de pain qui y à été trempé défend des chiens enragés ceux qui le mangent comme si c'était du pain bénit'. A Laniscat,
4. Brunie, in Lemouzi, mai 1903 ; Paul Sébillot, in Archivio, t. V, p. 519 ; Léon Plancouard, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 383.