LÉS SOURCES ET LES ENFANTS
en partie. Ces bâtons sont ensuite suspendus dans les écuries pour préserver les chevaux de diverses maladies t.
Dans une section précédente les fontaines sont considérées au point de vue de leur influence sur les actions ; humaines, de ja vie à la mort ; c'est pour ne pas interrompre la série des faits en relation avec la grossesse et l'accouchement que j'y ai rapporté, bien qu’ils se rattachent aussi à un état morbide, les actes qui soulagent ou guérissent les femmes pendant ces périodes dangereuses.
Le nombre des sources auxquelles on s'adresse pour les enfants est très considérable. Plusieurs sont réputées efficaces pour amener le développement de ceux dont l'évolution paraît trop lente. Je choisirai parmi les nombreuses fontaines auxquelles on les porte, soit pour des ablutions, soit pour des bains véritables, celles qui sont l’objet de pratiques accompagnées de quelque particularité digne de remarque.
Elles n'ont pas toujours été décrites avec précision, même par de très bons auteurs : c’est ainsi que M. L. de Nussac se borne à dire, sans entrer dans aucun délail, que la Foun Saint-Janifar à Liourdes, et la Foun Sent-Lstropi à Saint-Cirgues, sont visitées par les enfants qui ne marchent pas dans les délais ordinaires?. On connaît un peu mieux la façon dont les parents procèdent en Basse-Bretagne : à Plouégat- Guerrand (Finistère), on se contente de faire boire à l'enfant un peu d'eau de la fontaine de Saint-Laurent *, à Pluzunet (Côtes-du-Nord), après avoir assis le petit retardataire dans une dépression appelée le lit de Saint-Idunet, et l'y avoir maintenu de force tant que dure l'oraison de circonstance, on puise de l’eau dans le’creux de la main, dont on asperge le patient par trois fois ; on lui en frictionne les reins, puis on en secoue trois gouttes sur le sol environnant“.
Le procédé indiqué par le curé Thiers comme ayant été employé autrefois à la fontaine de Saint-Luperce, près de Chartres, consistait à y plonger les enfants qui avaient de la peine à marcher seuls. L'immersion plus ou moins complète est encore usitée assez fréquemment en pareil cas; elle a lieu dans la fontaine de Saint-Nicolas, à Gausson (Côtes-du-Nord, partie française)f, dans celles de Notre-Dame de Bleuen
1. Ed. Edmont, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 329. Les bergères du Berry ont aussi des bâtons qu'elles suspendent dans les étables, mais elles se contentent de les faire bénir le vendredi blanc. (Laisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. I, p. 122).