Ogée. Diclionnaire de Bretagne
1. Paul Sébillot. Traditions de la Haute-Bretagne, t. 1, p. 66.
à Locarn (Finistère), de Saint-Philibert, près de Gourin', de Saint- Félicissime, à Ploermel, où on les trempail jusqu'au cou, de Saint-Julien près de Doullens Somme) ?. Dans la vallée de la Penzé on conduit les enfants dont les membres sont débiles à la fontaine de saint Vizia, dont l'imagese dresse au-dessus de lasource. Cetteslatue de pierre fruste est parée par les mères des plus belles vêtures qui ont servi à leur nouveau-né. Les enfants sont d'abord conduits à la fontaine, puis à la chapelle, située sur le sommet du coteau pendant trois lundis consécutifs. On les plonge dans la source, on leur asperge d’eau la Lète, on leur en fait couler dans les manches et dans le dos. On leur fait faire trois fois le tour de la chapelle, puis on les roule sur la pierre de l'autel. À la fin du XVII siècle, les enfants atleints de hernies, étaient plongés dans la fontaine de Saint-Gorgon, à Véron près de Sens, et cette pratique y est encore usitée de nos jours *.
Dans le Léon pour faire passer la veine de saint Vizia, grosse veine bleuâtre que les enfants ont à la naissance du nez entre les deux sourcils, et qui peut en se rompant, causer leur mort subite, on leur immerge la tête dans la fontaine dédiée à ce saint, dans la vallée de la Penzéÿ. L'immersion est aussi efficace pour des maladies plus déclarées : elle était employée dans la fontaine de Saint-Cyr à Pont-de- Metz (Somme) pour guérir les pelits fiévreux ‘; près de Sizun (Finistère) l'enfant alteint de coliques était plongé dans une fontaine isolée dédiée à Sainte-Madeleine 7.
L'usage des lotions est fréquent, surtout pour les maux externes. À Languedias (Côtes-du-Nord) on lave la tête des enfants atteints du mal de Sainte-Radegonde avec l’eau de la fontaine de Saint-Armel, ou bien on en humecte simplement leur bonnet, ou on en verse quelques gouties dans leur breuvage*. L'eau d’une fontaine de Saint-Méen, voisine de Lisieux, sert à laver toutes les parties malades du corps
1. L. Liégard. Les saints quérisseurs, p. 33. Rosenzweig. Répertoire archéologique du Morbihan, p. 93.
2. Eugène Herpin, in Rev. des Trad. pop.,t. XIV, p. 231. Alcius Ledieu, ébid. t. XIX =D: "833;
3. D" H. Liégard, 1. c. p.34. d'a. A. Le Braz. L'habillement des statues qui président aux fontaines a été rarement constaté jusqu'ici.
4. G. Audiger. Souvenirs et anecdotes sur les comités révolulionnaires (1193-1195). Paris, 1830, in-16, p. 283 et suiv. Cet auteur ajoute que le jour de la fête annuelle une vieille femme faisait voir au fond de l’eau l'empreinte du fer, des clous et du pied de cheval de saint Gorgon, duquel pied a jailli l'eau miraculeuse ; C. Moiset. Usages, elc. de l'Yonne, p. 81.