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OFFRANDES D'OBJETS POINTUS

une, et en se signant trois fois, trois épingles ‘. Pour la guérison des maux d’yeux on lance des épingles, sans observer cette condition, dans une fontaine voisine de Châtelaudren (Gôtes-du-Nord) que surmonte une statue de la Vierge appelée Notre-Dame de la Clarté ?. Le même acte accompli à la fontaine de Saint-Derrien en Penmarc'h, à l'extrémité du Finisière, dissipe comme par enchantement les maux de tête les plus violents ?.

Quelquefois ces épingles, ou d'autres objets pointus, ont préalablement touché le mal qu'il s'agit de guérir : en ce cas, ils ne constituent plus une simple offrande à la divinité bienfaisante, mais un moyen de se débarrasser de la maladie par un procédé de transmission qui est usité en maintes autres circonstances. En Lorraine, les personnes affligées d'abcès ou d'ulcères les piquent avec des épingles qu’elles lancent ensuile dans la fontaine de Sainte-Sabine *. Dans bien des fontaines du Morvan, celui qui veut se guérir d’un panaris jette l’épingle ou l’objet avec lequel il a percé le mal; celui qui les ramasse empoche aussi la maladie.

Une observance, relevée en Basse-Normandie, présente une particularité curieuse : le malade atteint de boutons éruptifs, après avoir piqué un quarteron d’épingles sur le tas de chiffons étendu dans la chapelle de Saint-Sevrin à Serquigny, en garde quelques-unes qu'il va lancer dans une fontaine voisine f.

La nature de l'offrande est parfois déterminée par une similitude de nom entre l'affection qu'il s’agit de guérir et l’objet donné à celte intention. Lorsqu'on vient chercher de l'eau à la fontaine Saint-Malo à Bréhand-Moncontour, pour la guérison des furoncles, qui dans le pays gallo sont appelés clous, on y jette une poignée de clous qui n ont dû être ni comptés ni pesés et qui servent à réparer la toiture de la chapelle voisine; dans la commune limitrophe de Trébry, la fontaine Saint-Maudez reçoit la même offrande#, de même que la fontaine dite de Saint-Clou, non loin de Saint-Brieuc * ; dans plusieurs fontaines de Basse-Bretagne placées sous le vocable de saint Villa ou de saint

. L.-F, Sauvé, in Rev. des Trad. pop., t. I, p. 325. . Mme Louis Texier. Zbid, t. I, p. 82.

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