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OFFRANDES DE MONNAIES

Les offrandes de pièces de monnaie de diverses valeurs, encore plus fréquentes que celles des objets de toilette ou d'utilité, sont la plupart du temps faites par ceux qui viennent demander la guérison de leurs maladies aux eaux répulées puissantes. C'est avec cette intention qu'on en lance dans les fontaines de Saint-Genou à Monterfil, et de Saint- Morand, en Chevaigné (Ille-et-Vilaine) ; il y à quelques années, on a mis un tronc pour les offrandes, mais il n'est pas certain que l’ancien rite soit tombé en désuétude !. Le jour de la Nativité de la Vierge, les pèlerins, après avoir bu de l'eau à la fontaine de N.-D. de Bovel, y jettent des pièces de monnaie : le lendemain, on vide la fontaine pour les recueillir ?. Dans les Landes et dans la région des Pyrénées, on mettait de l'argent dans le bassin des fontaines guérissantes ; à Toulouse, pour se rendre propice la fontaine Sainte-Marie, on lui en offrait aussi ?. Les paysans viennent de cinq à six lieues loin jeter des doubles dans la fontaine Saint-Martin de Martigné-Briant (Maine-et- Loire) ; à la fontaine Saint-Nicolas de la Chesnaye on apportait des monnaies trouées*. En Limousin, les enfants que l’on plonge sont souvent munis d’un sou qu'ils liennent à la main ; à Saint-Fortunade, c'est mauvais signe s'il tombe au moment où l'enfant entre dans l’eau ÿ. À Pau, les malades lavaient les parties de leur corps atteintes d'infirmités dans la Houn de las Fadas, après y avoir jeté quelques pièces de monnaie f, On faisait la même offrande à la fontaine Saint-Martin, à Vieils-Maisons, qui, comme celle que l’on voit au bas de Neuchâtel (Seine-Inférieure), guérissait de la fièvre ceux qui buvaient de son eau’; à celle de Sainte-Lheurine, où l’on plongeait les petits enfants souffreteux*. Pour se guérir de la fièvre, il fallait, trois fois de suite, le vendredi, lancer de menues monnaies dans la fontaine de Michavan à Morogues (Cher), qui était près des ruines d'une chapelle de Sainte-Madeleine ? Quand les malades allaient, pendant tout le mois de mai, el à certains jours de fête, aux Bonnes-Fonlaines de Saint-Martin, ils en faisaient trois fois le tour, et y jetaient des pièces de monnaie sans les compter!?. chacun : Clou, je te prends pour que fu me serves à faire le plus de mal possible à ceux qu'il me plaira, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. (J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p. 169).

1. Paul Sébillot. Traditions de la Haute-Bretagne, t. I, p. 61-69.

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