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Puits des Mazureaux, creusé non loin de sépultures celtiques, et formaient des rondes autour de son orifice !.

Des âmes en peine sont assez fréquemment associées aux puits : une ombre blanche se penche parfois au-dessus de celui du château de Montafilant, près de Corseul. On croit qu'elle y descend, car on assure que peu après, l’on entend comptler des pièces d'or. Cette ombre est celle d’une dame de la maison de Dinan, que son écuyer vendit pour une somme d'argent, et elle vient réclamer à ce serviteur infidèle le prix qu'il a reçu pour sa trahison ?

Suivant une légende qui semble avoir été recueillie à Saint-Guen (Côtes-du-Nord) vers la limite des deux langues, les fermières qui ont mis de l'eau dans leur lait, sont condamnées après leur mort, à venir tirer l’eau des puits ? ; on raconte à Colmar qu'une laitière, coupable de la même fraude, revient quelquefois à un puits de la rue des Augustins, avec un seau qu'elle essaie d'y remplir ‘

Le fond des puits ou des citernes est parfois une sorte de purgatoire temporaire, comme au reste quelques autres excavations qui sont naturelles, On a vu, t. I, p. 420, qu'une fille était condamnée à expier ses péchés dans un trou qui donnait accès dans l'enfer, et qu'elle recevait sur sa tête les pierres qu'on y jetait. Une légende de Basse- Bretagne parle d'une âme en peine qui faisait pénitence dans une citerne ; une servante, pouramuser un'enfant, y ayant lancé des cailloux, ceux-ci furent, quelques instants après, rejetés avec violence sur les murs et dans les fenêtres de la maison. Le soir, une vieille femme toute trempée, vient à l'endroit où était la servante, et lui demande de lui permettre de se réchauffer ; elle y revient une seconde nuit; à la troisième apparition, la servante, par Ie conseil du recteur, lui demande pourquoi ses vêtement étaient si humides ; alors la morte lui apprend que, depuis cinquante ans, elle faisait pénilence dans la citerne, et qu’elle ne pouvait en sortir qu’à la condition d’avoir dans la main une pierre de secours lancée par un vivant*. Le Grand Puits de Carcassonne est la demeure du Curé Maudit. Lorsque sonne la messe de minuit, à Noël, il veut sortir du cachot où il est enfermé pour n'avoir pas dit les messes dont il a reçu le prix durant sa vie. Certaines personnes affirment avoir entendu ses gémissements S.

1. G. Musset. La Charente-Inférieure avant l'histoire, p. 116. 2. Paul Sébillot. Légendes locales de la Huute-Bretagne,, t. 1, p. 73. 3. Du Laurens de la Barre. Nouveaux fantômes bretons, p. 83. 4. Auguste Stæœber. Die Sagen des Elsasses, n° 66. 5. A. Le Braz. La Légende de la Mort en Rasse-Brelagne, t, II, p. 177-182.

. Gaston Jourdanne. Contribulion au F.-L. de l'Aude, p. 221. Vers 1880, le gardien qui ‘faisait visiter le château de Clisson (Loire-Inférieure), disait que toutes les

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Les lutins sont rarement en rapport avec les puits: on raconte cependant aux environs de Paimpol, qu'une servante qui prétendait ne pas croire à leurs apparitions, vit un nain assis dans un trou pratiqué près de la margelle, pour mettre le seau; il avait la spécialité de répéter tout ce qu’on lui disait. La servante lui ayant dit: « Je parie que tu ne viendras pas ici demain soir, ou bien tu te chaufferas, » il répéta ces mots. Le lendemain elle mit dans le feu le caillou qui se trouvait dans le trou du puits, et quand il fut bien chaud, elle alla l'y reporter. Le lutin vint s'asseoir dessus et se brüla cruellement".

D'autres puits ont des hantises dont il est assez malaisé de déterminer la nature. Dans celui qui, taillé à une immense profondeur, se trouve, dit-on, parmi les ruines de Château-Vieux, on entend parfois au milieu du silence de la nuit, les malins esprits qui s'y sont réfugiés après la destruction de la forteresse et qui font de vains efforts pour se dégager des décombres sous lesquels ils sont emprisonnés *. Dans une des pièces d'une maison de Vitré, inhabilée depuis un temps immémorial, est un puits d'où sort, chaque soir, un démon qui a terrifié Lous ceux qui ont essayé d'y passer la nuit, et qui à fait donner à l'habitation le nom de Maison du Diable *.

Le puits du château de Carnoet est gardé par un énorme dragon lançant des flammes par la gueuie el de l'eau par la queue ; le téméraire qui y pénétrerait serait sur le champ dévoré par le monstre *.

Au fond de la citerne desséchée d’un château de Basse-Bretagne est un objet d’une blancheur éblouissante qui change constamment de place. Un jour, dit-on, on y trouva le squelette d’un enfant, et l'on saisit un animal blanc dont les yeux avaient un éclat extraordinaire .

Une anguille prise jadis dans la rivière de la Seugne était si belle que les habitants de Pons résolurent de la conserver ; ils lui mirent une sonnette au cou et la descendirent dans l'énorme puits creusé dans l'intérieur du château. De temps à autre, les Pontois allaient prêter l'oreille à l'orifice du puits pour constater la présence de l'anguille ; mais elle ne se faisait entendre que la veille des grands malheurs.

Les puits servent souvent de repaire à des serpents fantastiques; celui qui est bien connu dans l’est sous le nom de Vouivre, se lient

nuits des plaintes sortaient d’un puits qui, pendant la Terreur, avait été comblé avec des cadavres royalistes, et qu'on les entendrait tant qu'il y resterait un alome d’ossement (Com. de Mme Lucie de V. H.).

. Paul Sébillot. Légendes du pays de Paimpol. Paris, 1894, in-80, p. 1.

. Ch. Thuriet. Trad. du Doubs, p. 156.

3. A. Orain. Le Folk-Lore de l’Ille-et-Vilaine, t. 11, p. 322.

. Vérusmor. Voyage en Basse-Brelagne, p. 191.

. Boucher de Perthes. Chants armoricains, p. 8-9.

. G. Musset. La Charente-Inférieure avant l'histoire, p. 125.

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