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CROYANCES, SINGULARITÉS ET OBSERVANCES

De même que les fontaines, les puits ont horreur de la souillure : à Saint-Marins (Gironde), il est défendu aux femmes qui relèvent de couches d'aller y puiser de l'eau avant leurs relevailles, car elle serait changée en sang?, en Saintonge, elle deviendrait trouble et tarirait ensuite ?.

L'eau des puits, comme celle des sources vives, peut être maléficiée, el pour cette raison causer la mort ou la maladie de ceux qui la boivent. En Vendée, celle du puits d'un marchand de chevaux avait été ensorcelée : heureusement un mendiant indiqua à sa femme, un jour qu'il était à la foire, le moyen de rendre à l'eau sa pureté première. Il consistait à prendre quelques crins de la queue d'un animal nouvellement acheté, à les faire griller avec une poignée de sel sur la pelle du foyer chauffée au rouge, et à jeter la cendre dans le puits. Il fallait de plus arracher « la bouillée de rue » qui touchait à la maçonnerie, sous laquelle avait été mis quelque chose “

Comme les fontaines, mais plus rarement, les puits sont recouvertis de constructions qui parfois constituent de véritables petits monuments ; il y en a plusieurs dans le sud du Finistère que l'on cite pour leurs proportions et l'élégance de la coupole en pierre qui les surmonte. Le puits Sainte-Jule, près de Troyes, qui était miraculeux else trouvait au lieu où fut décapité cette vierg2, étail orné d'une arcade de pierre en forme de chapelle, et au frontispice était l'image de Ja sainte; il y avait aussi une chapelle auprès *.

Au cap Sizun, où la lune passe pour jeler, après le coucher du soleil, un venin dans l'eau, afin de préserver les puits de cette mauvaise influence, on les recouvre d'un toit en pointe, surmonté d'un gros galet rond, ou d'une croix en pierre, appelée an ado pune, l'aiguille du puits5. Dans le pays de Quimper, la couverture qui a la forme triangu- (aire de celle des maisons, est supportée par des piliers, comme dans

1. Gaston Jourdanne. Contribution au Folk-Lore de l'Aude, p. 220, d'après le Journal de l'Aude, 24 janvier 1838. Ce récit se ressent du romantisme de l'époque. 2, C. de Mensignac. Superstilions de la Gironde, p. 11. 3. J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p. 2). 4. Jehan de la Chesuaye. Contes du Bocage vèndéen, p. 30-51. . Nicolas Desguerrois. Sainctelé chrestienne : sous l'an 275. Troyes, 16517. . H. Le Carguet, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 586.

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