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PRIE PAR SPERRENE REPARTI EAN
premier ravon du soleil eût frappé la Pierre blanche, au sommet du Mont-Aigu !.
Les pèlerins emportent dans des fioles, et même dans des barils, l'eau du puits dit Sainte-Gertrude qui existe dans la crypte de l’église collégiale de Nivelles, dans le Brabant wallon. Elle à entre autres privilèges, celui de préserver les Voyageurs contre tout accident ; aussi plusieurs personnes, en se mettant en route, ne manquent pas de s’en munir ?,
Un puits du nord de la Basse-Bretagne possède, en raison de circonstances légendaires, un pouvoir redoutable. C’est celui qui a été creusé par saint Modez dans l'ile qui porle son nom; il passe pour être funeste à celui qui, étant coupable, se pencherait sur sa margelle. Le peuple raconte qu'un corsaire anglais, après avoir pillé lesrichesses de l’église, s'en retournait chargé de richesses, lorsqu'il pensa que les moines
avaient pu cacher des objets précieux dans le puits. Il monta à cheval
pour traverser la mer, et arrivé près du puits, il se pencha sur l’arçon de sa selle pour y regarder. Aussitôt il sortit une flamme qui le réduisit en cendres sur le dos de son cheval, qui n'eut aucun mal, et les marins entendirent en même temps sortir du fond de l’abime la voix courroucée du saint. De nos jours on ne ferait pas regarder au fond du puits un Breton qui aurail commis Je moindre larcin, tant est grande la crainte du châtiment que saint Modez inflige à celui qui retient injustement le bien d'autrui 5.
Au XVI: siècle, l’eau d'un puits de Marseille avait une propriété singulière ; lorsque les gens de mer en faisaient provision pour des voyages au long-cours, elle se corrompait quinze à vingt jours après qu'elle était sur mer, Comme toutes les autres ; mais huit à dix Jours après, elle se remettait en son premier état, ne se corrompait plus, et était parfaitement bonne pour les sains et les malades *.
Suivant une croyance beaucoup plus répandue autrefois qu'elle ne l'est aujourd'hui, on attribuait à plusieurs puits creusés à l'intérieur des églises les mêmes vertus guérissantes qu'aux fontaines. Ils étaient l'objet de pratiques qui présentent une grande analogie avec celles que l'on a relevées en si grand nombre près des sources merveilleuses. C'est ainsi que dans la Meuse, quelques-uns de ces puits ont été, jusqu'à une époque assez moderne, l’objet de consultations semblables à celles que l’on accomplit sur les eaux des fontaines. On venait
1. Adolphe Retté, in La Meuse (Liège), 3 sept. 1901, d’a. Charles Colinet. Guide dans la forêt de Fontainebleau.