Com. de M. O. Colson
3. Elvire de Cerny. Contes de Basse-Bretagne, p. 17-18, 4. Jordan. Voyages historiques.
d'assez loin pour la guérison des malades au puits de Saint-Julien, dans l'église de Vaux-la-Petite. S'il s'agissait d’un enfant, on jetait une de ses chemises dans un baquet rempli de l’eau qui y avait été prise. Si elle s’enfonçait, l'enfant « ne tenait pas du saint » et il était inutile de demander sa guérison ; si elle surnageait, il tenait de saint Julien, qui lui rendrait la santé. On faisait alors sécher la chemise sans la tordre, puis on en revêtait le petit malade. On donnait une aumône à des femmes indigentes du pays, une offrande au tronc de saint Julien, et l'on comptait sur la guérison pour le neuvième jour. Gette pratique eut lieu jusqu'en 4865, où l'on ajusta une pierre sur l'orifice du puits. On jelait dans le bassin, au puits Saint-Vannes, dans l’antique chapelle de ce nom, près Herbeuville, une chemise de l'enfant atteint du catharre ; si elle surnageait, la guérison était assurée ; dans le cas contraire, c'était un signe de mort. Quand elle flottait, le point de la chemise qui avait été en contact avec la partie malade, restait sec, quoique l'on fit pour l'immerger. Ce pèlerinage a cessé en 1885 !,
Comme les fontaines, plusieurs de ces puits doivent leur vertu à des épisodes de la légende dorée. Celui de Saint-Valérien à Tournus, dans la crypte de l'église de Saint-Philibert, où l'on allait en pèlerinage pour la guérison des fièvres, était devenu privilégié depuis que le saint décapité avait apporté sa tête auprès *. Le puits placé près de l'église de Saint-Pierre Saint-Baussange, guérissait de la fièvre, parce que le corps de saint Baussange y avait été jeté par les Vandales après son martyre *. On vient de très loin et en foule le 4 septembre, jour de la fête du saint, au Puits de Saint-Marcel, dans une chapelle de l'église paroissiale de ce nom, où le saint fut enterré jusqu'à la ceinture. Il est réputé pour la guérison des maux de têle, des névralgies et des douleurs. Après avoir assisté à la messe, les pèlerins boivent de l'eau du puits, et y trempent les linges destinés aux malades #, A Paris, le puits de Saint-Julien le Pauvre, celui de Saint-Germain, près de son tombeau, dans l'église Saint-Germain des Prés, étaient miraculeux °. Voici comment, dans la première moitié du XVII° siècle, un ancien historien de Paris décrivait ce dernier : Ilest en la chappelle de sainet Germain, qui est au derrière du grand autel, en l’enclos du chœur, et à mesme intention iusqu'aujourd'huy, plusieurs febricitans en boivent de l’eau, de laquelle on baille aussi à boire aux enfans qui deviennent ethiques. Et afin que, selon le désir des malades, leffect de leur espérance s'en
. L. Lahourasse. Anciens us., elc. de la Meuse, p. 144, 145. . L. Lex. Le Culte des eaux en Saône-et-Loire, p. #4.
. Amédée Aufauvre. Album pittoresque de l'Aube, p. 61. 1 Lex | GC, D 98-10:
. d.-A. Dulaure. Histoire de Paris, t. I, p. 61-68.
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VERTUS GUÉRISSANTES 319
ensuive, le secretain y trempe la clef de sainct Germain et dit certaines oraisons à ceste fin !.
A Saint-Lormel (Côtes-du-Nord), ceux qui ont les yeux malades se les lavent dans un puits qui porte le nom de saint Lunaire, patron de la paroisse, et est placé sous la chaire de l'ancienne église ?. Il doit cette vertu à la bénédiction du saint ; le pèlerinage est encore très suivi, et nombre de personnes remplissent des bouteilles de cette eau merveilleuse ?. À Chevremont, près Liège, les bonnes femmes, au retour de la visite au sanctuaire de Notre-Dame, trempent leur mouchoir dans un vieux puits creusé dans le roc, afin d’être préservées des ophtalmies *.
Les populations du voisinage font de fréquentes visites à la chapelle de Saint-Guillaume en Sainte-Gemme, pour y puiser l’eau d'un puits qui s'y trouve devant l'autel même et qui jouit dans toute la contrée, d'une grande réputation d'efficacité’. À l'intérieur de la chapelle de Sainte-Geneviève, aux environs d'Epinay-sur-Orge (Seine-et-Oise), est une sorte de puits d'où l’on tire, à l'aide d'un petit seau, l’eau miraculeuse qui, par l'effet d’un simple lavage, guérit les maladies les plus diverses. Ceux qui ont éprouvé son efficacité suspendent aux murs de la chapelle le vêtement qui recouvrait la partie du corps que l'eau a guérie f.
Derrière l’église, à Saint-Denis-du-Puits, en Eure-et-Loir, les eaux d'un puits très profond, entièrement maçonné, el situé dans le cimetière, passent pour guérir les hommes et les chiens de la rage. Les miracles qui s'y opérèrent, par l'intercession de ce saint, motivèrent la construction de l’église actuelle. Les personnes qui viennent invoquer le saint doivent être à jeun; elles amènent les bestiaux malades ou suspects, qui doivent aussi être à jeun el le prêtre asperge les animaux avec l’eau du puits. Au commencement du XIX° siècle, on y conduisait avec dévotion les bêtes atteintes ou menacées de la rage. Le maître se faisait dire un évangile à l'église, puis il trempait un morceau de pain dans l’eau, et le donnait à manger à l'animal *.
Quelquefois on attribuait le pouvoir thérapeutique aux eaux de puits qui n'étaient ni dans une église, ni dans le voisinage immédiat d'unédifice sacré. Vers 1780, des vieillards octogénaires racontaient que, dans leur
4. Jacques du Breul. Le Theatre des Antiquitez de Paris, p. 260.