‹ Le folk-lore de FranceChapitre 256 sur 403 · Vaugeois, in Soc. des Antiquaires, t. TITI, p · texte numérisé non relu

Vaugeois, in Soc. des Antiquaires, t. TITI, p

Jeunesse, bon nombre de gens mordus par des animaux enragés, venaient à Gaël pour y trouver un remède au mal dont ils étaient menacés. Après avoir entendu la messe à l’église de la paroisse, ils allaient boire de l’eau qu'on tirait à un puits qui se trouvait vers l'angle de la motte de l'ancien château de Gaël. Ce puits était très profond, peu large et revêtu de grosses pierres à l'intérieur : il a été bouché anciennement!.

Les présents faits aux puits par les personnes qui viennent leur demander la santé sont peu communs : Jusqu'ici un seul a été relevé : le puits de Champsac guérit les maux d'estomac, en échange des morceaux de pain qu’on y jette comme ex-voto ?.

L'usage de jeter des pois dans les puits, avec l'intention de se débarrasser d’excroissances désagréables est extrémement répandu ; je ne donnerai ici que les pratiques qui présentent quelque circonstance particulière. En Poitou le nombre des pois doit être égal à celui des verrues. En Saintonge, en Touraine, il faut s'enfuir à toutes jambes pour ne pas entendre le bruil qu'ils font en tombant dans l’eau“. À Marseille, après avoir jeté le pois chiche qui avait touché le mal, on s'éloigne au plus vite, pour le même motif : le mal disparait quand le pois est fondu ou pourri. Dans les Ardennes, les verrues ainsi que les cors aux pieds, s'en vont avant la fin de la semaine, à la condition que l'on n'entende pas le bruit des pois 5. En Haute- Bretagne, il faut les jeter, sans être vu de personne, et en fermant les yeux‘. En Berry, c'était un vendredi à minuit, et sans témoin, qu’on lançait dans l’eau, successivement, après avoir récité chaque fois un Pater, sept pois qui, enveloppés dans un linge blanc, avaient été portés pendant seize jours sur la poitrine du patients. En Laauraguais, on y lance, sans regarder, autant de grains de mil que l’on a d’excroissances el on s’en va à reculons ?.

Dans la Mayenne, probablement en raison d'une analogie de forme moins caractérisée que celle des pois, on frotte les verrues avec les

1. Félix Bellamy. La forêt de Bréchéliant, t. 11, p. 328. Ce puits aurait succédé, dans la croyance des gens du pays, à une fontaine antique que le clergé aurait fait combler. (p. 327).

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