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OFFRANDES AUX PUITS

nœuds encore verts de la paille de seigle; les débris sont jetés dans un puits, et, à mesure qu'ils pourrissent, elles disparaissent !.

Comme les fontaines, les rivières el les eaux dormantes, quelques puits sont doués à certains moments de l’année de vertus curatives spéciales. À Bonneval (Eurc-el-Loir), le premier seau d'eau tiré à l'instant du minuit qui commence le jour Saint-Jean guérit ou plus exactement guérissait de la fièvre?. Dans les Ardennes il fait passer les fièvres les plus malignes*. A Villeneuve-Saint-Georges, tous les habitants de la maison en boivent pour conjurer diverses maladies +. Dans la Beauce l’eau prise au puits ce même malin chasse les vers du fromage ‘.

L'usage de faire des présents aux puits à des époques qui correspondent en général au commencement et au milieu de l’année a été relevée dans plusieurs pays de France. Au X VIT siècle, J.-B. Thiers signalait parmi les superstitions anciennes, mais encore existantes, celle qui consiste à aller, le premier jour de l'an, au puits ou à la fontaine, et à lui offrir une pomme ou un bouquet, dans la pensée que l'eau est beaucoup meilleure et plus salutaire 5. Des usages analogues sont encore courants en plusieurs contrées. Dans la Gironde, pour avoir de l’eau toute l'année, on y jette, le premier janvier, une pomme et un morecau de pain *. Dans de nombreux cantons du Périgord, où les fontaines sont rares et fort éloignées, les puits deviennent la seule ressource des habitants, et dès lors, un objet de vénération. Au solstice d'été, et au premier jour de l’an, la servante de la maison y jette un morceau de pain. Sensible à cette attention, le puits ne tarit pas, quelque grande que soit la sécheresse. En Limousin, existe encore l'usage de faire dès l'aube, le 1° janvier, des étrennes aux puits, pour que leur niveau ne baisse pas dans l’année ; l'offrande consiste habituellement en un morceau de pain et un verre de vin°. En Wallonie, on jette une poignée de sel en tirant le premier seau d’eau et l’on dit: « Je vous souhaite une bonne année, à la grâce de Dieu !°. »

En Touraine, on met dans le puits, pour l'empêcher de tarir, un

. X. de la Perraudière, in Rev. des Trad. pop., t. XIV, p. 640. . Desgranges, in Soc. des Anliquaires, t. I, p. 235. . À. Meyrac. Traditions des Ardeñnes, p. 112. . C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 122.

. Félix Chapiseau. Le Folk-Lore de la Beauce, t. 1, p. 291. . J.-B. Thiers. Trailé des superstilions, t. II, p. 299. . C. de Mensignac. Superstilions de la Gironde, p. 128, 133. . W. de Taillefer. Antiquilés de Vésane, t. I, p. 244. Dans le Tarn, les servantes y jetaient un morceau de pain le er jour de l’an (Le Télégramme de Toulouse, 10 février 1896). à 9. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p.13. 10. E. Monseur. Le Folklore wallon, p. 121.

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