‹ Le folk-lore de FranceChapitre 261 sur 403 · E. Souvestre. Le Foyer Breton, t. X, p. 111-112, n · texte numérisé non relu

E. Souvestre. Le Foyer Breton, t. X, p. 111-112, n

3. Philippe d’Alcripe. La Nouvelle fabrique des plus excellents trails de vérité, p. 28-29.

4, Com. de Mme Lucie de V. H,.

loin de leur orifice : En nostre forest de Lyons en un petit hameau qui se nomme Goupilleres, où il y a un puits tout proche d'une Chapelle de saint Malurin ; un jour quelque chien barbet entra en la cour (où est enclos ledit puits) lequel vint à courir après une compagnie de Boures, lesquelles effrita si bien qu'une d'entre elles en volant alla tomber dans le dit puits. Les bonnes gens à qui elle appartenoit firent devaller un homme dedans pour la relirer, mais il ne la trouva plus, parce qu'aussi-tost qu'elle fut au fond, elle s’en alla à vau l'eauë entre deux terres tomber en la fontaine sainte Catherine en la vallée de Mortemer, où il ÿ a distance de l'un à l'autre une bonne lieuë et demye. Quelques Jours après, aucunes femmes dudit hameau vindrent laver leur buée à la rivière, pres ladite fontaine, là où elles trouvèrent ladite boure qu'elles recognurent fort bien‘. Une tradition de Basse-Normandie prétend que le puits de l'Hyvet était l'orifice d’un souterrain, et qu'un canard jeté dans ses profondeurs reparut dans la Sée sous l'église de Lontes ?.

Les anciens constructeurs, surtout lorsque les puits étaient d'une grande profondeur, avaient ménagé un peu au-dessus du niveau habituel de l'eau, une sorte de chambre où pouvaient se tenir ceux qui y descendaient pour les curer lorsqu'on remontait les seaux pleins de la vase qu'ils en avail tirée.

J'ai plusieurs fois entendu parler, aux environs de Dinan, de ces sortes de retraites, auxquelles on accordait des dimensions considérables, que l'on regardait comme merveilleuses, qui parfois étaient le séjour de héros populaires ou formaient l'antichambre d’une sorte de monde souterrain. Elles figurent aussi dans des contes de cette région, dont eiles semblent avoir suggéré certains épisodes. C’est ainsi; que la petite Oudelette qui demeurait dans un puits, où elle ne se trouvait pas trop mal, ainsi qu'elle le dit au bon Dieu qui vient la visiter, habitait probablement une de ces excavations fabuleuses‘. La petite Toute-Belle, précipitée par la domestique de sa mère qui l'avait fait se pencher sur la margelle, en disant qu'on voyait sur l'eau des choses extraordinaires, arrive, au lieu de se noyer, à une sorte de château habité par des dragons. Francis, le héros d'un conte d'enfant, est obligé par son maître d’aller chercher dans un puits un couteau et des ciseaux d'or; il y descend, et se retrouve dans une jolie chambre où son bon ange était couché sur un lit?.

1. Philippe d'Alcripe. La Nouvelle fabrique des plus excellents traits de vérité, p. 46-47.

2. Le Héricher, in l’Avranchin monumental el historique (1845), t. T, p. 144.

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