‹ Le folk-lore de FranceChapitre 272 sur 403 · CE NO · texte numérisé non relu

CE NO

eau bien achalandé, existait jadis à Villalet où il disparaît : le meunier n'ayant pas voulu passer le diable dans sa barque, Satan fut irrité de ce manque d’égards ; en moins de quelques heures l’Iton prit son cours à une grande profondeur sous terre, et le diable put traverser son lit à pied sec ; mais le meunier perdit avec ses moyens de travail, l’aisance dans laquelle il avait vécu jusqu'alors. Une autre rivière, aujourd'hui disparue, mais dont l'existence est attestée par de nombreux titres, faisait marcher le moulin de Grainville l’Alouette, Une malheureuse bohémienne demanda un soir au meunier, au nom de l'enfant mourant de froid et de faim qu'elle tenait entre ses bras, un morceau de pain noir pour le souper et une botte de paille pour le repos. Le meunier les lui refusa, en la traitant de païenne et de sorcière. Alors elle s’écria: « Malheureux, tu seras puni de ton mauvais cœur ! » Et elle se mit à murmurer des paroles magiques. À peine la conjuration était-elle achevée que la roue du moulin cessa de tourner; la rivière avait pris un cours souterrain, et la richesse de l’avare meunier s'était enfuie avec elle!. C'est aussi à la suile d’une malédiction que, d'après une légende assez suspecte quant au nom du personnage qui la prononce, l'Orge, affluent de la Saulx, se perd dans le sol au dessous de Couvertpuis, à 13 kilomètres de sa source. Blanche de Castille, mère de saint Louis, ayant été vaincue aux environs, maudit la rivière qui avait favorisé ses ennemis, et le cours d’eau rentra sous terre ?.

En Normandie où des fées protectrices des rivières avaient fait couler au-dessous du sol la Baise, l’Arre, le Guiel, l'Iton et la Dives, le son que l'on entendait en appliquant l'oreille contre le sol, à l'endroit où elles disparaissent, était produit par les paroles des bonnes dames qui habitaient sous leurs eaux *. Une rivière des Deux-Sèvres, la Dive {du Sud) se perd dans les prairies de Brimbareau et les gouffres de Brochard et des Eclusettes. À partir de là, et jusqu'à deux lieues au-dessous, son lit est à sec depuis le mois de juin jusque vers la fin de l'année. Ce n’est qu'après les pluies d'automne que les siphons ne suffisant plus, regorgent, et alors la rivière se prend à couler. Le peuple parle avec une certaine terreur des buffées bruyantes qui sortent des gouffres à mesure que l'eau s'y précipite. On trouve même des gens assez portés à attribuer ce fait à une sorte de monstre qui pousse, dit-on, quand il a soif, des bramées comme un taureau, et à

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