‹ Le folk-lore de FranceChapitre 276 sur 403 · J.-J. Christilliu. Dans la Vallaise, p. 32-33, p · texte numérisé non relu

J.-J. Christilliu. Dans la Vallaise, p. 32-33, p

4. Sauval. Antiquilés de Paris, t. 1, p. 598, et 200 et suiv.

nellement le Saint Sacrement sur ses bords ; à sa vue le torrent recula et rentra dans son lit'. Les mariniers du Berry, et spécialement ceux de Vierzon, s'adressaient, avant la Révolution, à leur patronne, sainte Perpétue, lorsque le Cher débordait ; le curé de Vierzon faisait sortir de l'église la statue en argent de la sainte, la menait en grande procession sur le pont, et aussitôt, disait-on, la crue diminuait ?.

L'immersion des objets sacrés ou des statues de divinités proteclrices dans le fleuve, a été relevée plusieurs fois dans le Sud-Ouest; en 1784 lors d’une grande inondation, les habitants de Blagnac forcèrent leur curé à se transporter processionnellement sur les bords de la Garonne, à y plonger la croix de la paroisse et à y jeter une image du patron, saint Exupère, ce qu'il fit en disant à haute voix en manière de protestation : « Tiens, tiens, noie-toi, pauvre Exupère ? ». Naguère encore, quand les eaux de la Garonne s'élevaient d'une manière excessive, on allait prendre dans l’église de la Dorade à Toulouse, une Vierge noire dont on baignait les pieds dans les eaux du fleuve, qui s'abaissait aussitôt *.

Plusieurs dictons rimés parlent de rivières dans lesquelles un homme au moins se noie chaque année : les géographes du XVIe et du X VIT* siècle nous en ont conservé plusieurs :

L'Indre a tous les jours sa proye, Chaque jour quelqu'un s’y noyeÿ.

La rivière de Drome, A tous les ans cheval ou homme.

Celui qui suit est encore usité dans les Côtes-du-Nord :

L'Arguenon, Veut chaque année son poisson’.

Ce poisson est, bien entendu, un homme. Ces phrases proverbiales s'appliquent ordinairement à des rivières dont la traversée présente un danger réel ; mais on peut aussi y voir la trace d'une croyance, populaire en Allemagne et en d’autres pays, d'après laquelle la rivière elle-

4. P. Rondou, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 361, d'a. les Archives de Luz. 2. Les Français peints par eux-mêmes, t. I, p. 333.

3. L. Duval. Esquisses marchoiïses, p. 135, d’a. Lavigne. Histoire de Blagnac. Toulouse, 1875.

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