‹ Le folk-lore de FranceChapitre 277 sur 403 · LE TRIBUT ANNUEL · texte numérisé non relu

LE TRIBUT ANNUEL

même, ou le génie qui l'habite, exige ce tribut. Une légende corse raconte que le diable aida le Liamone à arriver à la mer, à la condition que le fleuve lui offrirait une âme chaque année ”. On assure dans le Vexin qu'un homme doit se noyer tous les ans dans la rivière d'Epte*. On a expliqué d'une facon en apparence ralionnelle, le proverbe wallon: Saint-J'han n'ès va mâye sins s'pèhon ; saint Jean ne s'en va jamais sans son poisson, en disant que la fête Saint-Jean tombe le 24 juin, à l'époque des premiers bains de rivière, et qu'il est très rare qu'il n'arrive point d'accidents aux baigneurs ; mais le vulgaire, moins sceptique, a une autre opinion, qui se rattache à l'antique conception de l'exigence annuelle de la rivière; il croit que la journée du 24 juin ne se passe pas sans qu'il se noie nécessairement quelqu'un, ét M. Gittée suppose que saint Jean a remplacé une entité païenne, qui était peut-être le génie du fleuve’. En Limousin, le péril, qui est surtout hygiénique, existe dans la période antérieure: un villageois n'ira pas prendre un bain de rivière, avant que saint Jean n'ait passé sur les eaux ; ils seraient souvent nuisibles et toujours dangereux *. On a vu aux chapitres de la mer et à celui des fontaines, que ce saint vient les bénir.

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