‹ Le folk-lore de FranceChapitre 279 sur 403 · M. M. Gorse. Au bas pays de Limousin, p · texte numérisé non relu

M. M. Gorse. Au bas pays de Limousin, p

5. Henri Gaidoz. Esquisse de la Religion des Gaulois, p.12; cf. aussi J.-G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Marlin, p. 56.

6. L.-F. Sauvé. Le Folk-Lore des Haules-Vosges, p. 241 ; H. Vaschalde. Superstitions du Vivarais, p. 15.

Les sirènes, moitié femmes et moitié poissons, auxquelles tant de légendes du littoral assignent une demeure sous-marine, vivent beaucoup plus rarement sous les eaux des rivières, etles récits où elles figurent sont plus vagues et, à deux exceptions près, moins détaillés. Parfois leur résidence n'est pas localisée dans un pays déterminé : c'est ainsi que dans un récit de la Haute-Bretagne une jeune fille jetée à l'eau au moment où elle traverse un fleuve en bateau, est recueillie par une sirène qui la traite bien et la laisse même s'élever au dessus des flots, en prenant toutefois la précaution de la retenir avec deux chaines. Celles-ci ayant été coupées par le fils du roi, quelques jours après on vit sur le rivage le corps de la sirène, morte de chagrin d'avoir perdu celle qu'elle appelait sa fille‘. Cette légende ainsi que la suivante, que celle des Draes du Rhône, et que deux ou trois traits d'autres récits, suppose qu'en dessous des rivières existait, comme sous les flots de la mer et sous le cristal des fontaines, une sorte de monde enchanté ; mais les conteurs ne font que l'indiquer sans en donner la description ?,

Les rivières de la Gascogne étaient la résidence de sirènes, dont J.-F. Bladé a rapporté les gestes sous une forme qui n’est pas rigoureusement populaire ; voici, avec quelques suppressions, les récits où il les fait figurer: Les sirènes du Gers ont des cheveux longs etfins comme la soie, et elles se peignent avec des peignes d'or. De la tête à la ceinture, elles ressemblent à de belles jeunes filles de dix-huit ans. Le reste du corps est pareil au ventre et à la queue des poissons. Ces bêtes ont un langage à part, pour s'expliquer entre elles. Si elles s'adressent à des chrétiens, elles parlent patois ou français. Elles vivront jusqu'au Jugement dernier. Certains croient qu'elles n'ont pas d'âme: mais beaucoup pensent qu'elles ont dans le corps les àmes des gens noyés en état de péché mortel. Pendant le jour, elles sont condamnées à vivre dans l'eau. On n'a jamais pu savoir ce qu'elles y font. La nuit elles remontent par troupeaux, et folàtrent en nageant, au clair de la lune. Alors elles s’égralignent et se mordent pour se sucer le sang. Au premier coup de l'Angelus, elles sont obligées de rentrer sous l'eau. Force bateliers ont vu des troupeaux de sirènes dans la Garonne. Elles chantaient, toul en nageant, des chansons si belles, si belles, que vous n avez jamais entendu ni n'entendrez jamais les pareilles. Par bonheur, les patrons des barques se méfient de ces chanteuses. Ils empoignent

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