A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p
4. Lucie de V. H., in Revue des Trad. pop.,t. XIV, p. 414. 5. D. Monnier et A. Vingtrinier. Traditions, p. 645.
sur le bord des rivières, faisant entendre continuellement le cri : Iou hou hou ! cri guttural familier aux paysans bretons lorsqu'ils rentrent le soir. Si quelque passant lui répond, lan an Od franchit en un clin d'œil la moitié de la distance qui le sépare de l'imprudent, et répète le même cri. Si le passant y répond encore, le lutin franchit la moitié de l'espace qui lui reste à parcourir. Enfin si on y répond une troisième fois, Ilan se trouve subitement près de sa victime qu'il étrangle ou qu'il noie s’il est auprès d'une rivière.
Les feux-follets sont plus fréquents dans le voisinage des eaux stagnantes que datis celui des rivières ; cependant on en voit sur leurs bords parce qu'il s’y forme parfois de petits marécages. Au XVI° siècle, un poëte, dans une pièce sur les superstitions champêtres, probablement de l’'Anjou, ou du Poitou, parlait :
.... des esprits qui apparoissent sur terre
A celuy qui ne scait en quelle part il erre,
Qu'ils conduisent toujours jusqu'à ce qu'il soit prest Ou de quelque fossé ou de quelque forest,
Le delaissant alors privé de leur lumiere
Qu'il est proche d'entrer au fons d'une riviere... Sitôt que la clarté qui les guidoit lui fault, Trouvant bien en cela leur fait sur tout estrange Qu'un chacun d’eux aussi comme il desire change Sa forme sa fasson et invisiblement
Demeure où il estait premier apparemment
Sans que l’on puisse voir l’estat de sa posture Contre toutes les lois de l'humaine nature*.
Les idées populaires n'ont guère changé à l'égard de ces êtres fantastiques, et elle leur attribuent aussi un caractère malveillant : en Lorraine, les petites flammes bleuâtres sur les rives de la Saône étaient autant d’esprits malins, Loujours disposés à fourvoyer le voyageur”. En Bourgogne le Foulelo s'amuse à se promener la nuit le long des rivières : on le voit agitant sa lanterne, on entend ses éclats de rire et les cris de ses victimes qu’il jette dans l’eau profonde *.
En Haute-Bretagne l'Eclairous ou Eclaireur, appelé familièrement Jeannot, est ainsi que son nom l'indique, caractérisé par une lueur